Les directives du CAS sur le camping et le bivouac: ce qu'elles sont et ce qu'elles ne sont pas

Cherchez si l'on peut dormir dehors en Suisse et vous finirez tôt ou tard au Club Alpin Suisse. C'est le meilleur document sur le sujet. Ce n'est pas non plus ce que la plupart des gens croient.

Le CAS émet des recommandations, pas des autorisations, et il l'écrit sur la même page. La fiche sur le camping et le bivouac donne de très bons conseils sur l'endroit où dormir en faisant le moins de dégâts.1 Elle précise aussi clairement que la situation juridique en Suisse n'est pas uniforme et recommande de se renseigner auprès de la commune, car de nombreuses communes ont leurs propres règles supplémentaires.2 Les deux moitiés sont dans la fiche. Seule la première survit en général au voyage vers un article de blog.

Ce qu'est réellement la fiche

Le Club Alpin Suisse est une association d'alpinisme avec environ 170 ans d'histoire, un réseau de cabanes et un département environnement qui publie des recommandations pour ses membres et pour qui les veut. La fiche sur le camping et le bivouac en fait partie. Elle existe parce que le CAS a intérêt à ce que le sport de montagne reste socialement accepté, et les nuitées négligentes sont le moyen le plus rapide de perdre cette acceptation.

Ce qu'elle n'est pas: un acte juridique. Le CAS ne peut pas vous autoriser à dormir quelque part, ne peut pas écarter un règlement communal, et n'a jamais prétendu ni l'un ni l'autre. Lire la fiche comme un permis est une erreur de catégorie, et la fiche elle-même essaie de la prévenir en vous renvoyant à votre commune.2

Elle vaut quand même la lecture, mais pas comme document juridique. Sur la question à laquelle le droit ne répond pas, c'est-à-dire comment dormir dehors sans abîmer l'endroit, c'est la meilleure source de Suisse.

Les définitions, qui font un vrai travail

La fiche sépare deux choses que le langage courant confond. Bivouaquer signifie passer la nuit sans tente: à la belle étoile, dans un igloo, dans une grotte de neige. Camper signifie une nuit sous une petite tente hors d'un camping officiel.1 Le bivouac d'urgence, celui que vous n'aviez pas prévu parce que la météo ou l'heure rendait la descente déraisonnable, est traité séparément et est en principe autorisé.

Ce n'est pas du pinaillage. Les interdictions communales suisses sont très souvent écrites en visant les tentes, parce que c'est une tente que les rédacteurs avaient en tête. Savoir si une personne en sac de bivouac est visée dépend entièrement du libellé, et cette distinction tranche des cas réels: Vals sort le bivouac de son interdiction de camper nommément, une tente y exige donc une autorisation et un sac de bivouac non.3 Au lac d'Oeschinen c'est l'inverse qui s'est produit, et une interdiction judiciaire distincte a été obtenue pour combler exactement cette lacune.4

Quand vous lisez une règle suisse sur le fait de dormir dehors, la première question est donc lequel des deux mots elle emploie, et si elle le définit.

Où la fiche cesse d'être un conseil et rappelle le droit

Certaines parties de la fiche sont le CAS qui recommande. D'autres sont le CAS qui vous parle d'une interdiction qui vous lie, que vous ayez ou non entendu parler du CAS. La fiche ne sépare pas typographiquement les deux, et c'est de là que vient l'essentiel de la confusion. Le tableau ci-dessous les sépare.

Les bords durs sont les zones protégées: le Parc national suisse, les districts francs fédéraux, de nombreuses réserves naturelles et les zones de tranquillité pour la faune pendant leur période de protection.1 Dans un district franc fédéral, le camping libre est interdit par ordonnance fédérale, l'amende d'ordre est de CHF 150, et aucune commune ni aucun propriétaire ne peut y déroger.5 Ce n'est pas l'avis du CAS, c'est du droit fédéral, et la fiche ne fait que le désigner.

Les parties souples, qui sont de bons conseils, sont les parties écologiques: choisir un terrain au-dessus de la limite des arbres plutôt qu'à la lisière supérieure, rester à distance de l'eau, une nuit, petit groupe, ne rien laisser. Les ignorer n'est pas en soi une infraction. C'est simplement ainsi que des spots finissent par fermer.

Pourquoi les gens cherchent le CAS par son nom

Parce que la vraie réponse est décevante. Il n'y a pas de loi suisse sur le camping sauvage à consulter. Savoir si vous pouvez dormir sur un terrain donné est décidé par la commune à qui appartient le règlement là-bas, et il y en a environ 2000, la plupart sans documents indexés et certaines avec des systèmes qui ne répondent pas à une requête simple.

Face à cela, un organisme national unique avec une fiche claire ressemble à la réponse. C'est compréhensible et c'est faux, et le prix de l'erreur est réel: plusieurs des spots que nous avons étudiés sont interdits par des règles communales tout en se trouvant exactement sur le terrain que le CAS qualifierait d'écologiquement acceptable.

La version honnête, c'est qu'il vous faut les deux. Utilisez la fiche du CAS pour décider comment dormir dehors. Utilisez la commune, les couches fédérales de zones protégées et toute interdiction affichée pour décider si vous le pouvez. Ce sont des questions différentes et une seule a une réponse du CAS.

Les points principaux de la fiche, triés selon ce qu'ils sont vraiment

Même document, deux types d'énoncé très différents. À gauche ce que dit la fiche; à droite si l'ignorer relève de la mauvaise pratique ou de l'infraction.

La ligne à retenir

"La situation juridique en Suisse n'est pas uniforme." C'est la formulation du CAS lui-même, elle figure sur la même page que la phrase sur la limite des arbres que tout le monde cite, et c'est la partie qui n'est jamais reprise. Si une page vous dit ce qui est autorisé en Suisse sans nommer une commune, un canton ou une ordonnance fédérale, elle ne répond pas à la question, quelles que soient ses références.

Le CAS autorise-t-il le camping sauvage en Suisse?
Non, parce que ce n'est pas au CAS de l'autoriser. Le Club Alpin Suisse est une association d'alpinisme qui publie des recommandations. L'autorisation, là où elle est nécessaire, vient de la commune ou du propriétaire foncier, et dans les zones protégées fédérales elle ne peut pas être donnée localement.
Quelle différence le CAS fait-il entre camping et bivouac?
Le bivouac est une nuit sans tente, à la belle étoile, dans un igloo ou dans une grotte de neige. Le camping est une nuit sous une petite tente hors d'un camping officiel. La distinction compte parce que beaucoup d'interdictions communales suisses visent expressément les tentes, et savoir si elles atteignent un sac de bivouac dépend du libellé exact.
Le bivouac d'urgence est-il autorisé?
En principe oui, et il est traité séparément d'une nuit dehors planifiée. Un bivouac d'urgence est celui que vous n'aviez pas prévu, imposé par la météo, une blessure ou l'obscurité. Ce n'est pas une étiquette à coller sur une sortie prévue ainsi.
Le CAS dit-il que camper au-dessus de la limite des arbres est autorisé?
Il dit que les emplacements au-dessus de la limite des arbres posent en général peu de problèmes d'un point de vue écologique, dans la section sur le choix responsable de l'emplacement. C'est un énoncé sur les dégâts, pas sur la permission, et la même fiche dit que la situation juridique n'est pas uniforme.
La fiche du CAS vaut-elle alors la peine d'être lue?
Oui. Sur la manière de dormir dehors en faisant le moins de dégâts, c'est la meilleure source de Suisse, et sa liste de zones protégées est exacte. Lisez-la simplement pour ce qu'elle est: des recommandations d'un club alpin, plus un renvoi vers les couches qui décident réellement de la légalité.

Sources

  1. Club Alpin Suisse (CAS), fiche d'information "Campieren und Biwakieren". Définit le bivouac comme une nuitée sans tente, à la belle étoile, dans un igloo ou une grotte de neige, et le camping comme une nuit sous petite tente hors des campings officiels; traite le bivouac d'urgence comme en principe autorisé. Sur le choix écologique de l'emplacement, les sites au-dessus de la limite des arbres posent en général peu de problèmes tandis que la lisière supérieure doit être évitée comme habitat du tétras lyre et zone de gagnage des ongulés. Énumère les zones où le camping est interdit ou impossible: Parc national suisse, districts francs fédéraux, de nombreuses réserves naturelles et zones de tranquillité pour la faune pendant la période de protection. sac-cas.ch.
  2. Club Alpin Suisse (CAS), "Campieren und Biwakieren", section juridique: forêts et pâturages sont en principe accessibles à tous selon l'art. 699 al. 1 CC, et selon le canton ou la commune des restrictions peuvent s'appliquer. Le CAS précise que la situation juridique en Suisse n'est pas uniforme et recommande de se renseigner auprès de la commune, de nombreuses communes ayant des règles supplémentaires. sac-cas.ch.
  3. Ordonnance de police de la commune de Vals, en vigueur depuis le 1er mai 1974, art. 7: le camping hors des places désignées est interdit sur tout le territoire communal, terrain public comme privé, sans autorisation du conseil communal. Le même article se termine par une exception expresse pour le bivouac dans le cadre de courses en montagne individuelles, raison pour laquelle la tente et le sac de bivouac y donnent des réponses différentes. notre rapport sur le Guraletschsee.
  4. Lac d'Oeschinen: le règlement de police communal de Kandersteg art. 7 règle la tente, tandis que le bivouac sans tente au lac est couvert séparément par une interdiction judiciaire obtenue par le propriétaire foncier, jusqu'à CHF 2000. Un exemple travaillé d'une interdiction communale visant les tentes qui laisse une lacune, et d'un second instrument utilisé pour la combler. notre rapport sur le lac d'Oeschinen.
  5. Ordonnance sur les districts francs fédéraux (ODF, RS 922.31), art. 5 al. 1 let. e, et ordonnance sur les amendes d'ordre (OAO, RS 314.11), annexe 2 ch. 12005: le camping libre dans un district franc fédéral est interdit et coûte une amende d'ordre de CHF 150. Le plafond de la loi fédérale sur la chasse (LChP, RS 922.0) art. 18 est de CHF 20 000. fedlex.admin.ch.
  6. Appenzell Rhodes-Intérieures: le littering coûte CHF 100 alors que le canton a abrogé en 2005 les articles pénaux de son ordonnance sur le camping et ne connaît aucune amende de camping. Lu pour notre rapport sur la Meglisalp. notre rapport sur la Meglisalp.