Camping sauvage aux Grisons et en Engadine

Les Grisons sont le plus grand canton de Suisse et ne réglementent pas du tout le camping pour le public. Nous avons lu la loi sur la protection de la nature et du patrimoine, la loi sur l'aménagement du territoire, la loi sur la police et la loi cantonale sur la chasse, et aucune ne contient de disposition sur le camping, la tente ou le bivouac. Tout ce qui décide de ta nuit ici a été écrit par une commune.

Aucune règle cantonale, et plusieurs communes exceptent le bivouac nommément. Cela produit quelque chose que l'on ne trouve presque nulle part ailleurs: des endroits où planter une tente est interdit et où dormir dehors sans tente ne l'est pas. Aux Grisons, lis le libellé exact avant de faire ton sac.

Le canton ne dit vraiment rien

Nous avons énuméré le recueil cantonal pour le vérifier, parce que cela paraît trop beau. Les Grisons n'ont aucune interdiction de camper ou de bivouaquer qui lie le public. Quatre lois lues en entier, toutes muettes: la loi sur la protection de la nature et du patrimoine (BR 496.000), la loi sur l'aménagement du territoire (801.100), la loi sur la police (613.000) et la loi cantonale sur la chasse (740.000).1

Cela place les Grisons par défaut dans la moitié permissive de la Suisse: une nuit unique et discrète au-dessus de la limite de la forêt, sans règle communale contraire, est la position ordinaire et n'est pas une infraction.

Le piège, c'est la taille. Ce canton compte plus de cent communes, et celles qui subissent la pression touristique ont écrit leurs propres règles. Un oui cantonal est ici un point de départ, pas une réponse.

Pourquoi la tente décide si souvent

Plusieurs communes grisonnes ont fait quelque chose d'inhabituel en écrivant leur interdiction de camper: elles ont excepté le bivouac nommément. L'interdiction attrape le camping, et le même article excepte ensuite le bivouac de montagne.

L'effet pratique est net. Dans le Valsertal, notre recherche de spot a trouvé derrière le Guraletschsee et le Selvasee une règle communale qui atteint même le terrain privé, le consentement n'aide donc pas, mais qui excepte le bivouac explicitement. Nous le signalons honnêtement: le recueil de lois de Vals n'est pas accessible en ligne, ce libellé vient donc des rapports de spot et nous ne l'avons pas lu ici. Plante une tente et tu es dans l'interdiction. Dors dans un sac sous le ciel et tu es dans l'exception. Même terrain, même nuit, réponse différente.

Aux Jöriseen la forme est encore différente: l'interdiction est réelle, mais aucune sanction n'atteint réellement un randonneur, et le libellé d'aucune des trois communes n'attrape un bivouac sans tente.

Depuis février 2026, la distinction a un ancrage judiciaire, venu de la cour supérieure de ce canton. En annulant une amende communale de camping, l'Obergericht a écrit que Campieren signifie passer la nuit dans une tente ou une caravane et est plus étroit que le terme général Übernachten, "der auch das Nächtigen in einem Biwak (biwakieren) oder unter blossem Himmel umfasst".7 Une décision cantonale, pas de la jurisprudence fédérale, mais c'est le classement le plus clair de ces mots qu'un tribunal suisse ait donné.

L'extrémité stricte: Silvaplana

La Haute-Engadine abrite la commune la plus stricte de notre corpus grison. Silvaplana interdit le camping hors de son propre terrain sur tout le territoire communal, et deux fois plutôt qu'une: l'art. 17 de la loi communale de police dit que le camping hors des places marquées est interdit, et l'art. 65 de la loi sur les constructions dit la même chose pour tout ce qui est hors de la Campingzone. Les deux portent des peines différentes. La loi de police va de CHF 50 à CHF 5'000 à l'art. 40, les amendes d'ordre sur place étant plafonnées à CHF 300;2 la loi sur les constructions atteint CHF 30'000 à l'art. 149.3

Deux détails la rendent plus mordante que la plupart: l'interdiction atteint le terrain de haute montagne vers la Fuorcla Surlej, pas seulement la rive du lac, et elle s'applique que quelqu'un regarde ou non. Il existe une voie légale, une autorisation de la commune, et il existe le camping officiel. Ce qui n'existe pas, c'est un coin tranquille que la règle oublierait.

La couche fédérale, et une qui fait seulement peur

Les districts francs fédéraux et les zones de tranquillité de la faune s'appliquent ici comme partout, avec leur propre interdiction de tente4 à CHF 150.5 Le Parc national suisse est un régime entièrement à part: son ordonnance interdit le bivouac nommément, à CHF 200 fixes.8

Les objets IFP couvrent une grande partie des Grisons et sont fréquemment mal lus. Une inscription à l'inventaire lie les autorités lorsqu'elles accomplissent une tâche fédérale. Elle ne crée pas d'infraction de camping pour une personne privée à pied.6 Le lac de Silvaplana est à l'intérieur d'un objet IFP, et ce n'est pas cette inscription qui décide de sa réponse. C'est la commune.

Comment ça se passe concrètement

Cinq spots grisons recherchés en entier. Remarque à quel point le canton apparaît rarement dans le raisonnement.

  • Une absence vérifiée sur les trois couches. Une particularité: la frontière nationale passe par le sommet et le point culminant est à environ 1,3 m en Autriche, alors redescends une dizaine de mètres côté sud.

  • JöriseenRapport

    L'interdiction est réelle mais aucune sanction n'atteint un randonneur, et le libellé d'aucune des trois communes n'attrape un bivouac sans tente.

  • Vals interdit le camping sur tout le territoire communal, terrain privé compris, puis excepte le bivouac nommément dans le même article. Tout se joue sur le fait de monter une tente ou non.

  • Le canton est permissif et aucune couche fédérale n'amende ici, mais Silvaplana interdit le camping sur tout son territoire par sa loi de police et sa loi sur les constructions, la seconde atteignant CHF 30'000, et cela porte jusqu'en haute montagne.

  • Pas du tout une question juridique. Le point est une route de transit goudronnée avec un hospice, un arrêt de bus et un parking. Personne n'y dormirait, quoi que permette le droit.

Ailleurs aux Grisons?

Entre-le dans le wild camping check. Avec plus de cent communes et plusieurs qui exceptent le bivouac nommément, c'est le canton où le libellé local exact rapporte le plus.

Le camping sauvage est-il autorisé aux Grisons?
Il n'existe aux Grisons aucune règle cantonale de camping qui lie le public. Le seul article sur le Campieren en droit cantonal s'adresse aux chasseurs. Une nuit unique et discrète au-dessus de la limite de la forêt est la position ordinaire, sauf si la commune où tu te trouves a écrit sa propre interdiction.
Le bivouac est-il traité différemment de la tente aux Grisons?
Souvent, oui. Plusieurs communes interdisent le camping puis exceptent le bivouac de montagne nommément dans le même article. Là où ce libellé existe, dormir dehors sans tente peut être licite exactement là où en planter une ne l'est pas.
Puis-je camper au lac de Silvaplana?
Pas sans autorisation. Silvaplana interdit le camping hors de son terrain sur tout le territoire communal, par l'art. 17 de la loi de police et l'art. 65 de la loi sur les constructions. La loi de police va de CHF 50 à CHF 5'000, la loi sur les constructions jusqu'à CHF 30'000, et l'interdiction porte jusqu'en haute montagne vers la Fuorcla Surlej.
Une inscription IFP signifie-t-elle que je ne peux pas camper?
Non. Une inscription à l'inventaire IFP lie les autorités lorsqu'elles accomplissent une tâche fédérale. Elle ne crée pas d'infraction de camping pour une personne privée qui arrive à pied. Beaucoup de terrain licite aux Grisons se trouve à l'intérieur d'un objet IFP.

Sources

  1. Recueil de lois du canton des Grisons, lu en entier via l'API gr-lex le 3 août 2026: la loi sur la protection de la nature et du patrimoine (BR 496.000), la loi sur l'aménagement du territoire (801.100), la loi sur la police (613.000) et la loi cantonale sur la chasse (740.000) ne contiennent aucune disposition sur le camping, la tente ou le bivouac. gr-lex.gr.ch.
  2. Commune de Silvaplana, Gesetz ueber die oeffentliche Ruhe, Ordnung und Sicherheit (règlement communal de police), en vigueur le 24 juin 2020. Art. 17: "Ausserhalb von gekennzeichneten Campingplaetzen ist das Campieren untersagt." L'art. 40 al. 1 fixe l'amende de CHF 50 à CHF 5000, et l'al. 3 plafonne à CHF 300 les amendes d'ordre perçues sur place par la police communale. gemeinde-silvaplana.ch.
  3. Commune de Silvaplana, Baugesetz, art. 65 al. 1: "Das Campieren und Aufstellen von Wohnwagen, Wohnmobilen und dergleichen ist ausserhalb der Campingzone grundsaetzlich untersagt." L'art. 65 al. 2 permet au Gemeindevorstand d'autoriser des camps organisés limités dans le temps. Art. 149 al. 1: les infractions à la loi sur les constructions sont amendées par le Gemeindevorstand jusqu'à Fr. 30000. oereblex.gr.ch.
  4. Ordonnance sur les districts francs fédéraux (ODF, RS 922.31), art. 5 al. 1 let. e: "Das freie Zelten und Campieren ist verboten. Vorbehalten bleibt die Benutzung offizieller Zeltplaetze. Die Kantone koennen Ausnahmen bewilligen." L'interdiction est fédérale, aucune autorisation cantonale ou communale n'atteint donc l'intérieur d'un district franc. fedlex.admin.ch.
  5. Ordonnance sur les amendes d'ordre (OAO), annexe 2, ch. 12005: "Freies Zelten oder Campieren in eidgenoessischen Jagdbanngebieten (Art. 18 Abs. 1 Bst. e und Abs. 3 JSG, Art. 5 Abs. 1 Bst. e VEJ)", CHF 150. Le ch. 12003 couvre les zones de tranquillité de la faune au même montant. Lue dans le PDF consolidé le 3 août 2026. fedlex.admin.ch.
  6. Loi fédérale sur la protection de la nature et du paysage (LPN, RS 451), art. 5 et 6: une inscription à un inventaire comme l'IFP lie les autorités lorsqu'elles accomplissent une tâche fédérale. Elle ne crée pas d'infraction de camping pour une personne privée à pied. fedlex.admin.ch.
  7. Obergericht des Grisons, VR2 25 63, arrêt du 3 février 2026, c. 4.1: "Der Begriff des Campierens ist im PolG nicht definiert. Nach dem allgemeinen Sprachgebrauch wird unter Campieren oder Campen das Übernachten in einem Zelt oder Wohnwagen verstanden ...; der Begriff ist somit enger als der allgemeinere Begriff des Übernachtens, der auch das Nächtigen in einem Biwak (biwakieren) oder unter blossem Himmel umfasst." A été annulée une amende communale de camping de CHF 150 pour une nuit dans un camping-car en stationnement. Une décision cantonale isolée, convaincante mais non contraignante. entscheidsuche.ch.
  8. Nationalparkordnung du 23.02.1983 (BR 498.200), art. 5 let. a: dans le Parc national, il est interdit de "Feuer zu machen, zu biwakieren oder die ganze Nacht auf Parkplätzen zu verbringen". La liste des amendes d'ordre rattachée (BR 498.210) fixe le bivouac à CHF 200 et la nuit entière sur un parking à CHF 150. gr-lex.gr.ch.