Situation au 8 août 2026

Camping sauvage à la Dent de Jaman

Au-dessus de Montreux, rien n'interdit une nuit dehors. La Dent de Jaman refuse quand même, parce que c'est une dent de rocher sans le moindre terrain assez plat pour s'y allonger. Voici ce que disent vraiment les règles, et où est le premier terrain utilisable.

Qu'est-ce que ça veut dire?

Illégal Une règle précise l'interdit, souvent avec une amende, et elle est appliquée. Dors ailleurs.

Non autorisé Pas de vrai endroit pour camper ici. Un site fermé, une zone bâtie ou nulle part où s'allonger raisonnablement, même sans amende.

Ça dépend Tu peux dormir ici, mais une condition s'applique d'abord: demander au propriétaire, réserver une place, rester dans une zone définie ou bivouaquer sans tente. La fiche dit laquelle.

Toléré Aucune règle ne l'autorise ni ne l'interdit clairement, mais une seule nuit est acceptée en pratique et personne n'intervient. Courant pour les bivouacs en altitude au-dessus de la limite des arbres.

Légal Une nuit ici, c'est bon. Soit une règle l'autorise, soit nous avons vérifié toutes les lois sans rien trouver contre. Quand même: monter tard, partir tôt, aucune trace.

Ce que "camping sauvage" veut dire ici: une nuit. Une petite tente ou un sac de bivouac, monter vers le soir, partir au matin. Pas un camp de base, pas un van. La plupart des interdictions suisses sont écrites contre le camping; savoir si une seule nuit tombe aussi dessous dépend du libellé exact, et c'est ce libellé que cet article vérifie. Toute la différence: camping sauvage et bivouac.

La règle qui s'applique au-dessus de Montreux, et ce n'est pas une interdiction

Commençons par ce que presque tout le monde a faux. Le camping sauvage à la Dent de Jaman se joue dans le canton de Vaud, et Vaud traîne en ligne la réputation d'interdire le camping sauvage tout court. Cette réputation ne repose sur aucune référence, parce qu'il n'existe pas d'interdiction cantonale vaudoise à citer. Ce qui existe est communal, et au-dessus de Montreux c'est étonnamment doux.

Montreux n'écrit plus son règlement de police elle-même. La commune est l'une des neuf de l'Association de communes Sécurité Riviera, et le Règlement général de police intercommunal de celle-ci, du 15 avril 2010, a abrogé les dispositions de police propres aux communes membres dans les domaines qui lui sont délégués. L'art. 94 le dit en toutes lettres, il n'y a donc ici qu'un seul texte à lire, et pas une règle communale cachée sous l'intercommunale.1

L'art. 33 est tout le sujet, et il tient en trois phrases.

"Celui qui, avec l'assentiment du propriétaire du fonds ou, le cas échéant, du fermier ou du locataire, campe plus de quatre jours hors d'une place spécialement aménagée à cet effet doit obtenir une autorisation de l'ASR. L'autorisation peut notamment être refusée lorsque le campeur ne peut bénéficier, à proximité, d'une installation sanitaire. Il est interdit de camper sur la voie publique et ses abords ainsi que dans les forêts."Art. 33 RGPi, texte en vigueur, version ratifiée du 10 avril 2025.

Il faut lire les trois phrases séparément, parce qu'elles font des choses différentes. La première crée une obligation d'autorisation qui commence après quatre jours et suppose que tu as déjà l'accord du propriétaire. La deuxième porte sur cette autorisation. La troisième est la seule interdiction franche de l'article, et elle atteint exactement deux choses: la voie publique avec ses abords immédiats, et la forêt.

Une seule nuit sur un pâturage ouvert, loin de la route, hors des arbres, avec le oui de celui qui exploite ce terrain, ne tombe sous aucune des trois. Ce n'est pas une lecture rusée. C'est ce qui arrive quand une commune écrit une règle visant les gens qui posent une caravane dans un pré pendant quinze jours, ce à quoi servent manifestement le seuil de quatre jours et la clause sur l'installation sanitaire.

Vérifie la version, parce que la copie évidente est la mauvaise

Le RGPi a été modifié trois fois depuis 2010, et l'historique compte pour qui le cite. En novembre 2016, l'art. 93 a été adopté, les art. 65 et 71 modifiés, l'art. 85 abrogé et "Police Riviera" remplacé partout par "ASR", ce qui est la seule fois où l'art. 33 a été touché. En juin 2021, l'art. 78 a été abrogé. En avril 2025, l'art. 30bis a été adopté, et rien d'autre. L'art. 33 est donc inchangé sur le fond depuis 2010. La version qui ressort en premier quand on cherche ce règlement est la consolidation périmée de 2016, et le texte ratifié actuel est un PDF scanné sans couche de texte cherchable, ce qui explique sans doute pourquoi le libellé en vigueur est peu cité.1

Ce que ça coûterait, et pourquoi personne ne peut te dresser une amende sur place

Admettons que tu ignores la troisième phrase et que tu plantes dans les arbres sous le col. Ce qui se passe alors mérite d'être connu, parce que c'est moins automatique qu'on ne le suppose.

Le RGPi a son propre catalogue d'amendes d'ordre, l'art. 93, qui énumère les contraventions réglables sur place au sens de la Loi sur les amendes d'ordre communales cantonale. C'est une liste précise: uriner sur le domaine public CHF 200, cracher CHF 100, abandonner des déchets CHF 100 à 150, afficher hors des endroits prévus CHF 150, puis une série d'infractions dans les cimetières et les ports. Aucune entrée sur le camping nulle part.1

Aucun agent de la Riviera ne peut donc te remettre un bulletin pour une tente. Une infraction à l'art. 33 doit passer par la contravention communale ordinaire, et le montant vient alors du droit cantonal:

"Les contraventions réprimées par l'autorité municipale sont passibles d'une amende de 500 francs au plus, contre chaque contrevenant, sous réserve des cas où la loi prévoit un montant inférieur. L'amende peut être portée à 1000 francs en cas de récidive ou de contravention continue."Art. 25 LContr, RSV 312.11.

CHF 500 au maximum, CHF 1000 si tu en fais une habitude ou si tu refuses de plier.2 C'est le plafond pour les deux situations que l'art. 33 interdit vraiment. Ce n'est pas un chiffre qui s'accroche à une nuit sur un pâturage, parce qu'une nuit sur un pâturage n'est aucune de ces deux situations.

Cela dit, autant l'écrire clairement pour que personne ne lise ce qui précède comme une invitation: si une commune prend la peine d'écrire une interdiction visant la route et la forêt, c'est que les problèmes naissent au bord des routes et dans les bois. Le camping sauvage est revenu récemment sur la table politique à Montreux, surtout à propos de véhicules qui restent des semaines, ce qui est exactement le comportement visé par la clause des quatre jours.

Les cartes reviennent propres, et ensuite la montagne répond

Les couches fédérales ont été interrogées au sommet même, MN95 2'564'357 / 1'143'841, altitude du terrain 1874,8 m, commune de Montreux au point et sur 500 mètres dans toutes les directions. Le résultat est l'un des plus vides de cette série.

Pas de district franc fédéral, et le plus proche est à 6,1 kilomètres, si bien que le tarif fédéral de CHF 150 pour une tente, qui tranche tant d'articles sur ce site, n'entre tout simplement pas en jeu ici. Pas de zone de tranquillité; la plus proche est Tête des Châtelards à 3,3 kilomètres. Pas de zone alluviale, pas de haut ni de bas-marais, pas de site marécageux, pas de prairie sèche, pas de réserve d'oiseaux d'eau, pas de réserve forestière, pas de site Emeraude. Le seul objet fédéral qui approche est le site IFP Tour d'Aï / Dent de Corjon, dont la limite passe à 769 mètres du sommet, et le point est en dehors. L'IFP lie de toute façon les autorités dans leurs propres décisions, il ne verbalise pas un randonneur.3

Deux contrôles donnent de la valeur à ces zéros. Chaque requête a tourné avec un identifiant de couche volontairement invalide, auquel le service répond HTTP 400, pour qu'un résultat vide se distingue d'un résultat cassé. Et la même couche IFP a été interrogée en deux points où elle doit renvoyer quelque chose, le vignoble de Lavaux à quinze kilomètres à l'ouest et le massif du Säntis à l'autre bout du pays. Les deux répondent. La couche est vivante, et le zéro à la Dent de Jaman est un vrai dehors.3

Le sommet se trouve en revanche dans le Parc naturel régional Gruyère Pays-d'Enhaut. C'est un label au sens du droit fédéral de la protection de la nature et non un régime d'interdiction, et la fiche bivouac du parc dit elle-même quelles zones sont fermées: districts francs fédéraux, réserves naturelles et zones de tranquillité. Aucune des trois n'atteint cette crête, et la carte du parc ne montre aucune surcharge sur le secteur de Jaman.6

Au niveau cantonal, rien non plus. La Loi sur la protection de la nature, des monuments et des sites vaudoise est la loi où l'on s'attendrait à trouver une règle sur le camping, et une lecture en texte intégral ne donne aucune occurrence de camping, bivouac, tente ou caravane. La véritable législation vaudoise sur le camping régit les campings résidentiels et les zones de caravanes, ce qui est un tout autre sujet.4

Et puis la pente, et c'est là que cet article bascule

Tout ce qui précède dit oui. Le terrain dit non, et ce n'est pas serré. Un modèle numérique d'altitude échantillonné sur une grille de 25 mètres dans une boîte de 600 mètres centrée sur le sommet donne ceci.5

Pente au point: 54,6 degrés. Les cellules voisines vont de 49 à 72 degrés. Il n'existe aucune cellule sous 12 degrés dans toute la boîte, et la plus plate y est à 17,3 degrés, 327 mètres plus loin et 140 mètres plus bas. En élargissant à 2,4 kilomètres, la première cellule sous 10 degrés apparaît à 640 à 775 mètres et 360 à 400 mètres plus bas, entre 1471 et 1513 mètres, ce qui correspond à la terrasse autour du Col de Jaman.

La description d'itinéraire confirme le calcul. La Dent de Jaman est cotée T3, la dernière section est exposée et équipée de chaînes, et le haut est une arête rocheuse étroite. C'est un beau sommet et une randonnée vraiment bonne. Ce n'est pas un endroit où un être humain peut s'allonger.

Voilà le verdict en une phrase: rien ici n'interdit une nuit à la Dent de Jaman, et il n'y a nulle part à la Dent de Jaman pour en passer une.

Pas au col, et celui-là mérite d'être détaillé, parce que c'est le terrain plat évident et le seul morceau de terrain que l'art. 33 nomme. Le Col de Jaman, à 1512 mètres, a une route, un grand parking, un restaurant, une fromagerie en activité et un arrêt de chemin de fer. C'est "la voie publique et ses abords" dans n'importe quelle lecture, c'est sous la limite locale de la forêt, et cela échoue déjà au test simple de savoir si quelqu'un voudrait y dormir même si c'était possible.

La voie de l'accord, et ici elle est inhabituellement concrète. La commune de Montreux possède quinze alpages sur son propre territoire, affermés chaque été à des amodiataires qui y estivent du bétail et fabriquent du fromage. Les alpages de Jaman en font partie, et le chalet communal du Revon au col est sa fromagerie de démonstration. La chaîne de l'art. 33, "le propriétaire du fonds ou, le cas échéant, le fermier ou le locataire", n'est donc pas une abstraction ici: c'est la commune, et c'est la personne qui tient cet alpage cet été.7

À qui demander. Pour le terrain lui-même, la propriétaire est la Commune de Montreux, +41 21 962 77 77, commune@montreux.ch, qui gère les quinze alpages et leurs baux. En été, la conversation la plus rapide et la plus utile est avec ceux qui sont en haut: la buvette du Col de Jaman et la fromagerie du Revon sont tenues pendant toute la saison d'estivage, de fin mai à mi-septembre environ, et on y sait qui exploite ce pâturage. Demande à poser une petite tente pour une nuit, bien à l'écart du troupeau, des chalets et des abreuvoirs, et dis à quelle heure tu seras reparti. Il n'existe pas de tarif publié pour planter sur ces alpages et nous n'allons pas en inventer un. Si tu veux remercier, achète leur fromage au col.

La réponse honnête pour cette montagne précise, c'est une couchette. La Cabane de Jaman est à 1540 mètres au col, tenue par la section CAS Jaman, avec 30 places en deux dortoirs, une cuisine équipée, l'eau chaude, une douche, un poêle à bois et une terrasse. Autogestion, et ouverte à tout le monde, pas seulement aux membres du club: CHF 12 pour les membres du CAS Jaman, CHF 20 pour les membres d'autres sections du CAS, CHF 24 pour les non-membres, demi-tarif pour les enfants de 6 à 16 ans. Ouverte environ de mi-mai à mi-octobre. Réservations et questions auprès de Marlyse Vuadens, 021 943 17 51, chaletjaman@cas-jaman.ch.8

Dormir là et monter pour le lever du soleil, c'est la version de ce plan qui fonctionne. La Dent est à quarante-cinq minutes au-dessus du col, et être en haut aux premières lueurs au-dessus du Léman est ce pour quoi on vient vraiment.

Une correction à emporter, quel que soit ton choix. La fiche bivouac du parc énumère les règles communales de camping de Château-d'Oex et de Corbeyrier et s'arrête là. Montreux est dans le périmètre du parc, et sa règle, l'art. 33 RGPi, ne figure pas sur cette fiche. Si tu avais demandé au parc ce qui s'applique à Jaman, on ne t'aurait pas parlé du seuil de quatre jours. Maintenant si.

Si tu veux la même question répondue là où le terrain coopère, Le Grammont est en face de l'autre côté du Rhône, et le Brienzer Rothorn a exactement la même forme de réponse que celle-ci: un sommet qui dit non, avec une nuit légale à quelques minutes de là.

Règles générales pour le camping sauvage

Cela vaut partout où tu finis par dormir dehors autour de Jaman, et sur un alpage en activité plus qu'ailleurs. Le pâturage sur lequel tu es debout est le revenu d'été de quelqu'un.

  • Pas de feu. Un feu ouvert n'a pas sa place en montagne. Un réchaud à gaz suffit.
  • Monter tard, démonter tôt. Installe-toi vers le soir, repars tôt. Un bivouac est une nuit, pas un camp de base.
  • Aucun déchet. Tout ce que tu montes, tu le redescends, restes organiques et papier toilette compris.
  • Au moins 50 mètres de toute eau pour les gros besoins, pour ne pas souiller ce que boivent gens et bétail.
  • Rester petit et silencieux. Petit groupe, pas d'enceinte, pas de drone, chiens en laisse, et la parole du personnel d'alpage fait foi.

Disclaimer

Cet article reflète ma recherche et mon appréciation en mon âme et conscience, situation d'août 2026. Il se fonde sur les sources publiques et officielles liées ci-dessous. Il ne remplace pas un conseil juridique et n'est pas une déclaration contraignante sur la situation juridique actuelle.

Les règlements intercommunaux et communaux changent, et le règlement de la Riviera a été modifié trois fois depuis 2010. Vérifie la version ratifiée en vigueur dans le recueil de l'association avant de t'y fier, et suis les instructions sur place. Un véritable bivouac d'urgence en situation de détresse est une autre question qu'un campement planifié, et les constats de terrain de cet article décrivent la montagne, ils ne sont pas une évaluation de la sécurité de ton itinéraire. Quiconque passe la nuit dehors répond lui-même de son comportement et de ses conséquences éventuelles. Hikebeast, Leon Helg et Saftladen GmbH déclinent toute responsabilité pour les décisions prises sur la base de ce texte et n'appellent personne à enfreindre le droit en vigueur.

Questions fréquentes

Peut-on camper sauvagement à la Dent de Jaman?
Rien ne l'interdit, et il n'y a quand même nulle part où le faire. Aucune norme fédérale, cantonale ou communale n'interdit une seule nuit à ce sommet. Mais le point est une dent calcaire à 1875 m dont la pente atteint 54,6 degrés, il n'existe aucun terrain sous 12 degrés à moins de 300 mètres, et le premier sur lequel on pourrait s'allonger est à 640 mètres et environ 370 mètres plus bas. L'itinéraire est coté T3, avec une section finale exposée équipée de chaînes et une arête rocheuse étroite au sommet. Le verdict est ça dépend, parce que la voie légale passe par l'assentiment du propriétaire et parce que cet emplacement consenti est sur le pâturage d'alpage et non sur le sommet.
Le camping sauvage est-il interdit à Montreux ou dans le canton de Vaud?
Non, et la règle qui s'applique vraiment est plus douce que sa réputation. Montreux est membre de l'Association de communes Sécurité Riviera, dont le Règlement général de police intercommunal du 15 avril 2010 (version ratifiée du 10 avril 2025) a abrogé, par son art. 94, les dispositions de police propres aux communes membres. L'art. 33 n'exige une autorisation de l'ASR que pour camper plus de quatre jours avec l'assentiment du propriétaire, et n'interdit franchement le camping que sur la voie publique et ses abords ainsi que dans les forêts. La Loi vaudoise sur la protection de la nature, des monuments et des sites (RSV 450.11) ne contient aucune disposition sur le camping.
À combien s'élèverait une amende si on campait quand même?
CHF 500 au maximum, et personne ne peut la délivrer sur place. L'art. 93 RGPi est le catalogue d'amendes d'ordre au sens de la Loi cantonale sur les amendes d'ordre communales, et il ne contient aucune entrée sur le camping: il tarife le fait d'uriner, de cracher, d'abandonner des déchets, d'afficher hors des endroits prévus, ainsi que des infractions dans les cimetières et les ports. Une infraction à l'art. 33 relève donc de la contravention communale ordinaire selon l'art. 25 de la Loi vaudoise sur les contraventions (LContr, RSV 312.11), qui plafonne l'amende à 500 francs par contrevenant, portée à 1000 francs en cas de récidive ou de contravention continue. Ce risque ne naît que pour les deux choses que l'art. 33 interdit, à savoir la voie publique avec ses abords et la forêt.
La Dent de Jaman est-elle dans une zone protégée?
Elle est dans un parc naturel régional, qui n'interdit pas le camping, et en dehors de tout ce qui l'interdirait. Interrogés au sommet, tous les inventaires fédéraux sont vides: le district franc fédéral le plus proche est à 6,1 km, la zone de tranquillité la plus proche à 3,3 km, et le site IFP Tour d'Aï et Dent de Corjon a sa limite à 769 m du point. Le sommet se trouve bien dans le Parc naturel régional Gruyère Pays-d'Enhaut, mais un parc régional est un label au sens du droit fédéral de la protection de la nature et non un régime d'interdiction, et la fiche bivouac du parc ne ferme que les districts francs fédéraux, les réserves naturelles et les zones de tranquillité, dont aucune n'atteint cette crête.
Où puis-je dormir près de la Dent de Jaman?
À la Cabane de Jaman, ou sur un pâturage avec l'accord de l'exploitant, mais pas au col lui-même. La Cabane de Jaman, à 1540 m au col, est tenue par la section CAS Jaman, compte 30 places en deux dortoirs avec cuisine, douche et poêle à bois, est ouverte aux non-membres à CHF 24 la nuit et fonctionne environ de mi-mai à mi-octobre (Marlyse Vuadens, 021 943 17 51, chaletjaman@cas-jaman.ch). Pour une tente, la commune de Montreux possède quinze alpages ici et les afferme à des amodiataires pour l'été, demande donc à la commune ou aux gens qui tiennent l'alpage, ce qui correspond exactement à l'assentiment que suppose l'art. 33. Ne plante pas au Col de Jaman même: c'est un col routier avec parking, restaurant, fromagerie et arrêt de train, et la voie publique avec ses abords est le seul endroit que l'art. 33 interdit expressément.
Leon Helg

Leon Helg

Cinéaste et développeur suisse. Passe son temps libre dans les Alpes suisses et cartographie ses spots préférés pour Hikebeast. Poste sous @leon.helg sur Instagram et TikTok.

Sources

  1. Règlement général de police de l'Association de communes Sécurité Riviera (RGPi) du 15 avril 2010, approuvé par le Chef du Département de l'intérieur le 2 juin 2010, dans la version ratifiée du 10 avril 2025. Montreux est l'une des communes membres. Art. 33: "Celui qui, avec l'assentiment du propriétaire du fonds ou, le cas échéant, du fermier ou du locataire, campe plus de quatre jours hors d'une place spécialement aménagée à cet effet doit obtenir une autorisation de l'ASR. L'autorisation peut notamment être refusée lorsque le campeur ne peut bénéficier, à proximité, d'une installation sanitaire. Il est interdit de camper sur la voie publique et ses abords ainsi que dans les forêts." Art. 94: le règlement abroge toutes les dispositions des règlements de police des communes membres édictées dans les domaines des compétences déléguées à l'association, à savoir la sécurité, l'ordre et le repos publics, le service des urgences et la police de l'exercice des activités économiques, ou contraires au règlement. L'art. 93 est le catalogue d'amendes d'ordre au sens de la LAOC et ne contient aucune entrée sur le camping: sa liste couvre le fait d'uriner (CHF 200), de cracher (CHF 100), de déposer des excréments (CHF 150), d'abandonner des déchets de façon non conforme (CHF 150), de mélanger des déchets soumis au tri (CHF 150), de jeter des déchets (CHF 100), d'apposer des affiches hors des endroits prévus (CHF 150), ainsi que des infractions dans les cimetières et les ports. Historique des modifications figurant aux pages finales: 24 novembre 2016 (adoption de l'art. 93, modification des art. 65 et 71, abrogation de l'art. 85 et remplacement de la désignation "Police Riviera" par "ASR" aux art. 3, 15, 16, 32, 33, 34, 41, 51, 54, 60, 62, 66, 67 et 86), 10 juin 2021 (abrogation de l'art. 78) et 10 avril 2025 (adoption de l'art. 30bis). L'art. 33 est donc inchangé sur le fond depuis 2010. Le document ratifié actuel est un PDF scanné sans couche de texte. securite-riviera.ch.
  2. Loi vaudoise sur les contraventions (LContr, RSV 312.11) du 19 mai 2009, en vigueur depuis le 1er janvier 2011. Art. 25 "Montant de l'amende", al. 1: "Les contraventions réprimées par l'autorité municipale sont passibles d'une amende de 500 francs au plus, contre chaque contrevenant, sous réserve des cas où la loi prévoit un montant inférieur." Al. 2: "L'amende peut être portée à 1000 francs en cas de récidive ou de contravention continue. Il y a récidive lorsque le contrevenant a déjà été condamné pour une contravention du même genre dans l'année qui précède la nouvelle contravention." L'art. 26 permet à l'autorité municipale d'ordonner, avec l'accord de l'auteur et à la place de l'amende, un travail d'intérêt général de vingt-quatre heures au plus. C'est la voie résiduelle pour une infraction à un règlement de police communal ou intercommunal dépourvu de tarif d'amendes d'ordre propre. lexfind.ch.
  3. Loi vaudoise sur la protection de la nature, des monuments et des sites (LPNMS, RSV 450.11). Lecture en texte intégral de la loi consolidée: les mots camping, camper, bivouac, tente et caravane n'y figurent nulle part. La loi traite de la protection des sites et monuments naturels, des biotopes, de la flore et de la faune, des objets archéologiques et des procédures qui s'y rattachent, et elle interdit certes d'abandonner des matériaux et des déchets de toute nature hors des lieux prévus à cet effet, mais elle ne crée aucune infraction de camping. La législation vaudoise proprement dite sur le camping concerne les campings résidentiels et les zones de caravanes et leur traitement en aménagement du territoire, non un sac à dos et une tente pour une nuit. lexfind.ch.
  4. Géodonnées fédérales officielles, interrogées le 8 août 2026. Identify au sommet, MN95 2'564'357.0 / 1'143'840.8 (WGS84 46.44495 / 6.97480), altitude du terrain 1874,8 m via le service fédéral d'altitude, commune de Montreux au point, au Col de Jaman et 500 m au nord-est, Haut-Intyamon (FR) commençant à environ 1,5 km au nord-est. Vides au point: districts francs fédéraux, zones de tranquillité de la faune, IFP, zones alluviales, hauts-marais, bas-marais, sites marécageux, prairies et pâturages secs, réserves d'oiseaux d'eau et migrateurs, réserves forestières et sites Emeraude. Objets les plus proches, mesurés jusqu'au bord du polygone: district franc fédéral 6'147 m, zone de tranquillité Tête des Châtelards no 2.0 (VD) 3'326 m, site IFP Tour d'Aï et Dent de Corjon 769 m, tous en dehors. Chaque requête a tourné avec un identifiant de couche volontairement invalide, auquel ce service répond HTTP 400, car un mauvais identifiant est sinon impossible à distinguer d'une réponse vide. La couche IFP a en outre été vérifiée positivement en deux points de contrôle, le vignoble de Lavaux à environ 15 km à l'ouest et le massif du Säntis, qui renvoient tous deux leur site, de sorte que le zéro au sommet est bien un dehors et non un échec silencieux. map.geo.admin.ch.
  5. Analyse de terrain à partir du modèle numérique d'altitude officiel de la Confédération, interrogé le 8 août 2026 via le service de profil fédéral. Une grille de 25 m sur une boîte de 600 m centrée sur le sommet (625 points échantillonnés) donne une pente de 54,6 degrés au point, des cellules voisines entre 49 et 72 degrés, aucune cellule sous 12 degrés dans toute la boîte, et comme cellule la plus plate 17,3 degrés à 327 m de distance et 140 m plus bas. Une grille de 50 m sur une boîte de 2,4 km place la première cellule sous 10 degrés à 640 à 775 m de distance et 360 à 400 m plus bas, entre 1471 et 1513 m, ce qui correspond à la terrasse autour du Col de Jaman (1512 m). Indépendamment, le portail des courses du Club Alpin Suisse cote la Dent de Jaman T3 et décrit une section finale exposée équipée de chaînes ainsi qu'une arête rocheuse étroite au sommet. geo.admin.ch.
  6. Parc naturel régional Gruyère Pays-d'Enhaut, fiche "Camping sauvage et bivouac" et sa carte des zones, réalisée par le parc en 2022 à partir de données de l'Office fédéral de l'environnement, de swisstopo et des cantons de Berne, Fribourg et Vaud. La fiche répartit le périmètre en zones conseillées, déconseillées et interdites. Les zones interdites sont les districts francs fédéraux ("Zones brunes: districts francs fédéraux, interdiction de camping"), les réserves naturelles ("Zones hachurées vert: réserves naturelles, interdiction de camping", avec des restrictions supplémentaires sur les chiens, les sentiers et le feu à la Pierreuse et au Vanil Noir) et les zones de tranquillité. Au-delà de ces zones, la fiche ne mentionne de réglementations communales que pour deux communes, Château-d'Oex et Corbeyrier, et ne cite pas Montreux, alors que la crête de Jaman est dans le périmètre du parc. Ses recommandations incluent de consulter le propriétaire ou l'exploitant du terrain, de rester en dehors des enclos à bétail, d'éviter la limite supérieure de la forêt et les autres habitats sensibles, et d'emporter tous ses déchets. Renseignements du parc: +41 26 924 76 93. gruyerepaysdenhaut.ch.
  7. Commune de Montreux, "Alpages". La commune compte quinze alpages caractéristiques de la région avec leurs chalets couverts de tavillons sur son territoire, et durant la saison d'été ces alpages sont affermés à des amodiataires qui pratiquent l'élevage du bétail et la fabrication du fromage. Le chalet du Revon au Col de Jaman a été transformé pour permettre la démonstration de la fabrication du fromage, son stockage et la vente directe, à côté du restaurant de la Manoïre; le fromage est vendu tous les jours durant la saison d'estivage, de fin mai à mi-septembre. Centrale de la commune +41 21 962 77 77, commune@montreux.ch. C'est la structure de propriété que présuppose l'art. 33 RGPi lorsqu'il parle du propriétaire du fonds "ou, le cas échéant, du fermier ou du locataire". montreux.ch.
  8. Cabane de Jaman, Club Alpin Suisse section Jaman. À 1540 m au Col de Jaman, carte nationale feuille 1264. Trente places en deux dortoirs, cuisine équipée, électricité, eau chaude en été, douche, salle à manger pour quarante, poêle à bois, terrasse et grill extérieur; autogestion, avec calendrier d'occupation sur le site de la section. Ouverte aussi aux non-membres. Tarifs CHF 12 pour les membres du CAS Jaman, CHF 20 pour les membres d'autres sections du CAS et CHF 24 pour les non-membres, demi-tarif pour les enfants de 6 à 16 ans. Fermée de mi-octobre à mi-mai. Gardienne Marlyse Vuadens, 021 943 17 51, chaletjaman@cas-jaman.ch. cas-jaman.ch.