État au: 30 juillet 2026

Camping sauvage à l'Ällgäulücke: ici, l'exception est écrite pour les jardins, pas pour les crêtes

L'Ällgäulücke est cette brèche du Brienzergrat où le versant de l'Emmental plonge vers le lac de Brienz, et ça ressemble exactement à l'endroit où passer la nuit. La commune l'interdit, et l'échappatoire qui fonctionne dans la vallée voisine ne fonctionne pas ici, pour une raison qui vaut la peine d'être comprise.

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Qu'est-ce que ça veut dire?

Illégal Une règle précise l'interdit, souvent avec une amende, et elle est appliquée. Dors ailleurs.

Non autorisé Pas de vrai endroit pour camper ici. Un site fermé, une zone bâtie ou nulle part où s'allonger raisonnablement, même sans amende.

Ça dépend Tu peux dormir ici, mais une condition s'applique d'abord: demander au propriétaire, réserver une place, rester dans une zone définie ou bivouaquer sans tente. La fiche dit laquelle.

Toléré Aucune règle ne l'autorise ni ne l'interdit clairement, mais une seule nuit est acceptée en pratique et personne n'intervient. Courant pour les bivouacs en altitude au-dessus de la limite des arbres.

Légal Une nuit ici, c'est bon. Soit une règle l'autorise, soit nous avons vérifié toutes les lois sans rien trouver contre. Quand même: monter tard, partir tôt, aucune trace.

Ce que "camping sauvage" veut dire ici: une nuit. Une petite tente ou un sac de bivouac, monté le soir, parti le matin. Pas un camp de base, pas un van. La plupart des interdictions suisses visent le camping; savoir si une seule nuit tombe aussi dessous dépend du libellé exact, et c'est ce libellé que cet article vérifie. Toute la différence: camping sauvage ou bivouac.

Un règlement communal, et il contient toute la réponse

Le camping sauvage à l'Ällgäulücke se décide dans un document que presque personne n'aurait l'idée d'ouvrir: le petit règlement de camping d'une petite commune, daté de 2005, toujours en vigueur, posé sur le site d'Oberried am Brienzersee.

"Das Campieren ausserhalb von bewilligten Campingplätzen ist grundsätzlich nicht gestattet. Davon ausgenommen ist das vereinzelte Aufstellen eines Zeltes innerhalb der Bauzone auf überbauten, privaten Grundstücken für die Zeit von maximal 3 (drei) Wochen pro Jahr für Familienangehörige und Bekannte."Campingreglement der Gemischten Gemeinde Oberried am Brienzersee, art. 3 al. 1, approuvé par la Gemeindeversammlung le 25 novembre 2005: camper hors des places de camping autorisées n'est en principe pas permis, à l'exception de la pose occasionnelle d'une tente à l'intérieur de la zone à bâtir sur des parcelles privées déjà construites, pour trois semaines par an au maximum, pour les membres de la famille et les connaissances.

Relis cette exception deux fois, parce que c'est tout le sujet de cet article. Quatre conditions doivent tenir ensemble: à l'intérieur de la zone à bâtir, sur une parcelle privée déjà construite, rattachée à un bâtiment habité, avec des installations sanitaires utilisables. Le règlement ajoute ensuite que c'est pour la famille et les connaissances, trois semaines par an au maximum.

Un col à 1'919 mètres sur le Brienzergrat échoue à la première condition et à toutes les suivantes. Les données fédérales sur les zones ne renvoient aucune zone à bâtir au col, et il n'y a aucune maison à moins d'une très longue marche. Donc, contrairement à Lauterbrunnen une vallée plus au sud, où le règlement exempte le camping occasionnel "auf privatem Gelände" et où le consentement d'un paysan te place vraiment à l'intérieur du texte, ici aucune version de l'exception ne peut être remplie par un randonneur sur une crête. Même canton, phrase d'apparence semblable, portée complètement différente.1

La sanction est réelle et précise. Art. 29 al. 2: les infractions au règlement sont punies par le Gemeinderat d'une amende allant jusqu'à CHF 5'000, sous réserve des dispositions pénales fédérales et cantonales. L'art. 29 al. 1 permet au Gemeinderat d'ordonner en tout temps le rétablissement de l'état conforme au droit, et l'al. 3 réserve la possibilité de le faire aux frais de la personne responsable.1

La seule voie qui existe vraiment, et le libellé sur le bivouac

Il y a une voie légale, elle n'est simplement pas celle que les gens espèrent.

L'art. 3 al. 2 permet au Gemeinderat d'autoriser la pose occasionnelle de tentes et de caravanes hors des places de camping, sur demande et avec le consentement du propriétaire foncier concerné, pour autant que l'ordre public et le caractère du village n'en soient pas troublés. Le règlement cite les organisations de jeunesse en exemple, et le Gemeinderat fixe la durée et les conditions. L'adresse est donc la commune, pas un paysan: Gemischte Gemeinde Oberried am Brienzersee, 033 849 13 33, info@oberried.ch. Réalistement, cette disposition est faite pour un camp de scouts plutôt que pour un randonneur seul sur une crête, mais c'est la seule porte et demander ne coûte qu'un coup de fil.1

Passons au bivouac. L'art. 2 al. 1 définit le Campieren comme le séjour et la nuitée temporaires de personnes "in Zelten, Wohnwagen, Motorhomes (Campingbussen), Mobilheimen (Wohnheimen) oder ähnlichen Unterkünften", en renvoyant à l'art. 29 let. c de l'ordonnance cantonale sur les constructions. Chaque élément de cette liste est un abri ou un véhicule. Le mot Biwakieren n'apparaît nulle part dans le document.

C'est le même trou que nous retrouvons sans arrêt dans le droit communal bernois, et il joue de la même façon: un sac de couchage sans rien de monté n'est manifestement aucune des choses listées. C'est aussi le même trou sur lequel je ne bâtirais pas un plan. Brienz, la commune suivante sur cette même crête, montre pourquoi: son règlement de police définit le camping en incluant expressément le Biwakieren, donc ce choix de rédaction est disponible et certaines communes le font. Oberried ne l'a simplement pas fait, en 2005, et personne n'a testé ce que ça signifie.4

Si tu marches le Brienzergrat, sache dans quelle commune tu te trouves. Ce col est sur Oberried am Brienzersee. Plus à l'est le long de la crête, tu passes sur Brienz, où le camping est interdit dans l'espace public et où la définition inclut expressément le bivouac, avec le même plafond de CHF 5'000. Aucune des deux communes ne te laisse une tente.4

Ce que disent les cartes, et une réserve honnête sur la limite forestière

Le col: MN95 2'640'613 / 1'179'567, 1'919 m, entre le Schnierenhireli à l'ouest et l'Ällgäuwhoren juste à l'est, sur la crête au-dessus d'Oberried et d'Ebligen. L'itinéraire relie Kemmeriboden dans l'Emmental à la rive du lac de Brienz, environ deux heures et quart de descente de chaque côté.

Toutes les couches de protection fédérales interrogées au col reviennent vides: aucun district franc, aucune zone de tranquillité pour la faune, aucun paysage IFP, aucun objet de marais, de haut-marais, de zone alluviale ou d'amphibiens, aucun parc d'importance nationale, aucune zone à bâtir. Vérifié avec un contrôle positif qui renvoie bien une réserve ailleurs, et un contrôle sur une couche invalide qui renvoie une erreur plutôt qu'un ensemble vide.2

La couche cantonale est vide aussi. Berne n'a pas d'ordonnance propre sur le camping ou le bivouac. Sa seule norme qui écrit le mot Biwakieren est l'ordonnance sur la protection de la faune sauvage, dont l'annexe 2 catégorie F interdit le "freies/wildes Campieren und Biwakieren" dans 28 aires nommées, et aucune ne se trouve sur le Brienzergrat.3

La réserve, dite plutôt que cachée. À 1'919 m, ce col se situe à peu près au niveau de la limite forestière locale plutôt que confortablement au-dessus, et le Brienzergrat est ici de l'herbe raide avec la forêt qui remonte les flancs en dessous. Notre règle générale est qu'en dessous de la limite forestière, un bivouac est par principe un nogo, indépendamment de toute norme, parce que tu es sur des terres cultivées, boisées ou pâturées où tu ne fais que gêner. Ce n'est pas ce qui décide de cet endroit, puisque l'interdiction communale le fait déjà, mais ça vaut la peine d'être dit: même sans le règlement, ce n'est pas un endroit où nous t'enverrions.

Une note sur les limites: les géodonnées renvoient à la fois Ebligen et Oberried am Brienzersee au col, puisque le point se trouve sur cette ligne interne. Les deux sont aujourd'hui du territoire de la commune d'Oberried et le même règlement s'applique de part et d'autre.2

  • Kemmeriboden-Bad côté Emmental, au pied nord de la descente, la base classique pour cette traversée1.
  • Les places de camping autorisées sur la rive du lac de Brienz, à Oberried et à Brienz, qui sont précisément ce à quoi te mesure le "ausserhalb von bewilligten Campingplätzen".
  • Une autorisation du Gemeinderat selon l'art. 3 al. 2, si ton projet y entre vraiment: Gemischte Gemeinde Oberried am Brienzersee, 033 849 13 33, info@oberried.ch.
  • Pas le col, et pas plus à l'est le long de la crête. Oberried l'interdit ici et Brienz l'interdit là-bas, bivouac compris dans la définition de Brienz.

Règles générales pour le camping sauvage

Cela vaut partout où tu as vraiment le droit de dormir dehors, ce qui sur cette crête ne fait aucun endroit. Emporte-le là où c'est le cas: ce n'est pas du texte de loi, mais de la décence et du bon sens, et c'est la raison pour laquelle les rares tolérances qui restent existent encore.

  • Pas de feu. Un feu ouvert n'a pas sa place en montagne. Un réchaud à gaz suffit.
  • Monter tard, démonter tôt. Installe-toi vers le soir, repars tôt. Un bivouac est une nuit, pas un camp de base.
  • Aucun déchet. Tout ce que tu montes, tu le redescends, restes organiques et papier toilette compris.
  • Au moins 50 mètres de toute eau pour les gros besoins, pour ne pas souiller ce que boivent gens et bétail.
  • Rester petit et silencieux. Petit groupe, pas d'enceinte, pas de drone, chiens en laisse, et la parole du personnel d'alpage fait foi.

Disclaimer

Cet article reflète ma recherche et mon appréciation au mieux de ma connaissance, état juillet 2026. Il se fonde sur les sources publiques et officielles liées ci-dessous. Il ne remplace pas un conseil juridique et n'est pas une déclaration contraignante sur la situation juridique actuelle.

Les règlements communaux changent, et celui-ci date de 2005. Avant chaque course, vérifie toi-même les sources actuelles et suis les instructions sur place. Un vrai bivouac d'urgence en situation de détresse est une autre question qu'un camp planifié, et rien ici ne vise quelqu'un que le mauvais temps a surpris sur une crête. Qui passe la nuit dehors porte lui-même la responsabilité de son comportement et de ses conséquences. Hikebeast, Leon Helg et Saftladen GmbH déclinent toute responsabilité pour des décisions prises sur la base de ce texte et n'appellent personne à enfreindre le droit en vigueur.

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Questions fréquentes

Le camping sauvage est-il autorisé à l'Ällgäulücke?
Non. Le col est sur Oberried am Brienzersee, dont le Campingreglement interdit à l'art. 3 al. 1 de camper hors des places de camping autorisées, avec une amende jusqu'à CHF 5'000 selon l'art. 29 al. 2. L'exception du règlement ne couvre qu'une tente à l'intérieur de la zone à bâtir, sur une parcelle déjà construite à côté d'une maison habitée, ce qu'un col à 1'919 m ne peut pas être.
Lauterbrunnen a une exception pour les terrains privés. Pourquoi pas ici?
Parce que celle d'Oberried est écrite autrement. Lauterbrunnen exempte le camping occasionnel "auf privatem Gelände", sur terrain privé, si bien que le consentement d'un paysan te place à l'intérieur du texte. Oberried exempte la pose d'une tente "innerhalb der Bauzone auf überbauten, privaten Grundstücken", à l'intérieur de la zone à bâtir sur des parcelles déjà construites, rattachées à un bâtiment habité doté d'installations sanitaires utilisables, pour la famille et les connaissances, trois semaines par an. Même canton, phrase d'apparence semblable, et sur une crête la seconde est hors d'atteinte.
L'interdiction couvre-t-elle un bivouac sans tente?
Non tranché, comme d'habitude à Berne. L'art. 2 définit le camping comme la nuitée dans des tentes, caravanes, camping-cars, mobile homes ou hébergements similaires. Chaque élément est un abri ou un véhicule et le mot Biwakieren n'apparaît jamais. N'en fais pas un plan: la commune suivante sur cette crête, Brienz, définit le camping en incluant expressément le Biwakieren, ce qui montre que ce choix de rédaction était disponible et qu'Oberried ne l'a simplement pas fait.
Y a-t-il un moyen légal de dormir là-haut?
Seulement une autorisation. L'art. 3 al. 2 permet au Gemeinderat d'autoriser sur demande des tentes occasionnelles hors des places de camping, avec le consentement du propriétaire foncier, si l'ordre public et le caractère du village n'en sont pas troublés. Le règlement donne les organisations de jeunesse en exemple, il est donc fait pour un camp de scouts plutôt que pour un randonneur seul, mais l'adresse est Gemischte Gemeinde Oberried am Brienzersee, 033 849 13 33.
Ça s'appelle Ällgäulücke ou autrement?
Les deux. Le nom officiel de swisstopo est Ällgäuw-Licka, la forme dialectale locale, et c'est pourquoi chercher "Allgäulücke" dans le répertoire fédéral ne donne rien. Les sites de randonnée emploient Ällgäulücke, Allgäu Lücke et Ällgäuwlicka indifféremment. Le col est à 1'919 m entre le Schnierenhireli et l'Ällgäuwhoren, et il n'a aucun lien avec l'Allgäu allemand.
Leon Helg

Leon Helg

Cinéaste et développeur suisse. Passe son temps libre dans les Alpes suisses et cartographie ses spots préférés pour Hikebeast. Poste sous @leon.helg sur Instagram et TikTok.

Sources

  1. Campingreglement der Gemischten Gemeinde Oberried am Brienzersee, approuvé par la Gemeindeversammlung le 25 novembre 2005: art. 2 al. 1 (définition du Campieren, avec renvoi à l'art. 29 let. c de l'ordonnance cantonale sur les constructions), art. 3 al. 1 (interdiction hors des places de camping autorisées, avec l'exception liée à la zone à bâtir), art. 3 al. 2 (autorisations du Gemeinderat sur demande, avec le consentement du propriétaire foncier, organisations de jeunesse citées en exemple), art. 29 (rétablissement de l'état conforme au droit, amende jusqu'à CHF 5'000, exécution par substitution aux frais de la personne responsable). Contact de la commune 033 849 13 33, info@oberried.ch. oberried.ch.
  2. Géodonnées fédérales officielles, interrogées le 30 juillet 2026 à MN95 2'640'613 / 1'179'567 (1'919 m): districts francs, zones de tranquillité pour la faune, IFP, marais, hauts-marais, inventaires des zones alluviales, des sites d'amphibiens et des prairies sèches, parcs d'importance nationale et zones à bâtir renvoient tous un ensemble de résultats véritablement vide. Vérifié avec un contrôle positif au Bachalpsee, qui renvoie le district franc no 4 Schwarzhorn et le paysage marécageux du Bachsee, et un contrôle sur une couche invalide, qui renvoie une erreur plutôt qu'un résultat vide. La couche des communes renvoie à la fois Ebligen et Oberried am Brienzersee, le point se trouvant sur cette ligne interne. map.geo.admin.ch.
  3. Canton de Berne, Verordnung über den Wildtierschutz (WTSchV), BSG 922.63 du 26 février 2003, en vigueur depuis le 1er mai 2003: l'annexe 2 catégorie F interdit le "Freies/wildes Campieren und Biwakieren" dans 28 aires de protection de la faune nommées, dont aucune ne se situe sur le Brienzergrat. Berne n'a pas d'ordonnance distincte sur le camping ou le bivouac. belex.sites.be.ch.
  4. Gemeindepolizeireglement der Einwohnergemeinde Brienz du 11 décembre 2014, la commune suivante à l'est sur la même crête: l'art. 4 let. c définit le Campieren en y incluant expressément "das Biwakieren", l'art. 5 al. 1 l'interdit dans l'espace public et l'art. 19 al. 1 prévoit une amende jusqu'à CHF 5'000. Cité pour montrer que le choix de rédaction qu'Oberried n'a pas fait était disponible. Documenté en détail dans le camping sauvage au Hagelseewli.
  5. Club Alpin Suisse CAS, "Camper et bivouaquer": la tolérance d'une nuit unique au-dessus de la limite forestière ne vaut que là où aucune règle contraire n'existe, et sur cette crête une règle contraire existe dans les deux communes. Recommandation, pas loi. sac-cas.ch.
  6. Code civil suisse (CC), RS 210, art. 699: forêts et pâturages sont accessibles à chacun dans la mesure de l'usage local. Un droit d'accès, jamais un droit d'y passer la nuit, et il ne prime pas une interdiction communale de camper. fedlex.admin.ch.

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