Etat: 5 août 2026

Camping sauvage aux Lacs de Fenêtre: autorisé, et c'est la commune qui le veut

La plupart des communes qui ont écrit un article sur le camping s'en sont servies pour interdire quelque chose. Orsières en a écrit un et l'a fait pointer ailleurs: des endroits réservés pour le camping et le caravaning, et le camping sauvage remis au droit cantonal. Ce renvoi est ici toute la réponse, parce que le droit auquel il renvoie ne contient aucune interdiction du camping sauvage, et n'en contient plus depuis vingt ans.

Qu'est-ce que ça veut dire?

Illégal Une règle précise l'interdit, souvent avec une amende, et elle est appliquée. Dors ailleurs.

Non autorisé Pas de vrai endroit pour camper ici. Un site fermé, une zone bâtie ou nulle part où s'allonger raisonnablement, même sans amende.

Ça dépend Tu peux dormir ici, mais une condition s'applique d'abord: demander au propriétaire, réserver une place, rester dans une zone définie ou bivouaquer sans tente. La fiche dit laquelle.

Toléré Aucune règle ne l'autorise ni ne l'interdit clairement, mais une seule nuit est acceptée en pratique et personne n'intervient. Courant pour les bivouacs en altitude au-dessus de la limite des arbres.

Légal Une nuit ici, c'est bon. Soit une règle l'autorise, soit nous avons vérifié toutes les lois sans rien trouver contre. Quand même: monter tard, partir tôt, aucune trace.

Ce que "camping sauvage" veut dire ici: une nuit. Une petite tente ou un sac de bivouac, montés le soir, partis le matin. Pas un camp de base, pas un camping-car. La plupart des interdictions suisses visent le camping; savoir si une nuit unique tombe aussi dessous dépend du libellé exact, et c'est ce libellé que cet article vérifie. Ici le libellé compte deux fois, une fois dans le renvoi de la commune et une fois dans un seuil mesuré en semaines. Toute la différence: camping sauvage contre bivouac.

Orsières a écrit un article sur le camping, et il pointe ailleurs

Le camping sauvage aux Lacs de Fenêtre tient à un article court d'un règlement de 1989. Le voici en entier, les deux phrases, parce que la seconde est celle qui compte.

"Le camping et le caravaning ne peuvent être pratiqués que sur les endroits réservés à cet effet. Le camping dit «sauvage» ne pourra se faire que dans les limites prévues par la législation cantonale."Règlement de police de la Commune d'Orsières, art. 59 "Camping", dans le chapitre sur la police rurale.

Deux phrases, deux sujets différents. La première parle du camping et du caravaning, l'activité organisée avec des emplacements et des véhicules, et les confine à des endroits désignés. La seconde nomme le camping dit "sauvage" séparément et ne le confine à rien. Elle le renvoie ailleurs, au droit cantonal.

Pourquoi la lecture du renvoi est la bonne. Si la première phrase attrapait déjà la tente d'un randonneur sur un alpage à 2'450 m, la seconde n'aurait plus rien à régir et ne serait que décoration. Lire une disposition de manière à ce que chacune de ses parties serve à quelque chose est ordinaire. C'est aussi la seule lecture qui donne un sens au choix du rédacteur de nommer le camping sauvage à part.3

La lecture contraire, dite franchement. On pourrait soutenir que la première phrase est la règle et la seconde une simple réserve, de sorte que toute tente hors d'un endroit désigné serait visée. Je la tiens pour la lecture la plus faible, pour la raison qui précède, mais elle n'a jamais été tranchée à Orsières et je ne vais pas faire comme si le point était réglé. Si elle était juste, l'art. 66 en donne le prix: une amende de CHF 50 à CHF 2'000, ou jusqu'à quinze jours d'arrêts, poursuivie devant le tribunal de police.3

Une aspérité honnête sur le renvoi lui-même. L'art. 59 a été adopté par le conseil communal le 29 novembre 1989, approuvé par l'assemblée primaire le 8 janvier 1990 et homologué par le Conseil d'Etat le 31 janvier 1990. En 1989, le droit cantonal avait effectivement des articles sur le camping auxquels renvoyer, dans le règlement d'exécution de 1977 de la loi sur l'hôtellerie de 1976. Ils sont tombés avec leur loi mère quand la loi actuelle sur l'hébergement l'a remplacée en 2004. C'est donc un renvoi vivant vers un régime qui s'est vidé depuis. Il fonctionne toujours, il ne renvoie plus qu'à presque rien.34

Le règlement s'applique à toute la commune, l'art. 2 le dit en toutes lettres, il n'y a donc pas d'argument selon lequel l'alpage d'altitude en sortirait. Il dit simplement ce qu'il dit.3

Le canton vers lequel il pointe, et ce qu'il y a vraiment dedans

Un renvoi ne vaut que ce que vaut la chose renvoyée. Donc: que dit le droit valaisan d'une tente hors d'un camping en août 2026?

La loi sur l'hébergement parle d'entreprises. RS/VS 935.3, la loi sur l'hébergement, la restauration et le commerce de détail de boissons alcoolisées du 8 avril 2004, en vigueur depuis le 1er janvier 2005, est la loi que les gens visent quand ils disent "la loi valaisanne sur le camping". Son art. 3 fixe le champ d'application, et il est commercial: elle s'applique à toute offre, à titre commercial, d'hébergement, d'emplacements de camping, de mets et de boissons. Elle régit celui qui exploite un camping. Les mots "sauvage" et "bivouac" n'y figurent nulle part.4

Il n'y a pas d'interdiction valaisanne du camping sauvage. Cela surprend, parce que "le camping sauvage est interdit en Valais" se répète avec assurance sur internet et dans les tableaux comparatifs nationaux. La règle dont ces tableaux se souviennent est le règlement d'exécution de 1977, et il est parti avec la loi qu'il exécutait. Ce qui reste en vigueur est communal, et c'est pourquoi cet article passe son temps sur Orsières plutôt que sur Sion.4

La seule norme cantonale qui atteint une tente est un permis de construire, et elle se mesure en semaines. L'ordonnance sur les constructions, RS/VS 705.100, énumère à son art. 17 ce qui requiert une autorisation de construire. Son deuxième alinéa s'ouvre sur les tentes:

"Sont également subordonnés à une autorisation de construire: a) l'installation de caravanes, de tentes et autres en dehors d'une place de camping autorisée, si leur durée d'installation dépasse 3 semaines ou leur nombre est supérieur à 12"Ordonnance sur les constructions (OC), RS/VS 705.100, art. 17 al. 2 let. a.

Lis le seuil, puis regarde ta tente. Une tente, une nuit, c'est environ vingt fois sous la durée et douze fois sous le nombre. Ce n'est pas un cas limite. Et la disposition n'est de toute façon pas une interdiction: au-delà du seuil il te faut un permis, tu n'es pas interdit.5

Vérifie la version, car celle-ci a bougé. L'ordonnance valaisanne sur les constructions a été refondue. RS/VS 705.100 est désormais l'ordonnance du 12 mars 2025, en vigueur depuis le 1er janvier 2026. Le seuil des trois semaines ou douze unités a survécu à la refonte sous le même numéro d'article, mais tout ce que tu lis sur les tentes valaisannes et qui date d'avant 2026 cite un texte qui n'existe plus, même là où le numéro coïncide.5

Le règlement des constructions est là où l'interdiction se cacherait, et il ne se referme pas

Dans cette série, le règlement communal des constructions est le piège. Klosters porte toute son interdiction du camping à l'art. 100 de sa loi sur les constructions. Bivio la porte à l'art. 95. Ni l'un ni l'autre n'est l'endroit où l'on penserait à regarder. Le règlement communal des constructions et des zones d'Orsières a donc été lu plutôt que sauté, et il contient bien une disposition sur les tentes.

L'art. 5 énumère ce qui requiert un permis, et la lettre l nomme les tentes. L'article s'ouvre par "Toutes les constructions et installations sont subordonnées à une autorisation de construire, en particulier", parcourt quatorze lettres de choses ordinaires du bâtiment, et sa lettre l est:

"l'installation, en dehors des terrains autorisés, de roulottes, wagons, caravanes, baraques volantes, tentes, etc."Commune d'Orsières, Règlement communal des constructions et des zones (RCCZ), art. 5 let. l. Aucune durée ni aucun nombre ne figurent dans le texte communal.

Pris isolément, ce libellé serait inquiétant, car contrairement à la disposition cantonale il n'énonce aucun seuil. Lu littéralement, il rendrait toute tente hors d'un camping soumise à permis dans toute la commune.

Il ne survit pas à son propre art. 2. Le RCCZ dit où il se situe dans la hiérarchie, dans son deuxième article, avant toute substance:

"Les dispositions prévues dans le présent règlement sont basées sur les prescriptions cantonales en matière de construction et autres domaines s'y rapportant. Restent réservées les dispositions édictées par la Confédération et le Canton, ainsi que le droit des tiers."RCCZ art. 2 "Bases légales", lettres a et b.

La liste communale est donc la liste cantonale, redite, et c'est la cantonale qui porte le seuil. Une commune ne peut pas soumettre à permis ce que le droit cantonal en dispense, et le RCCZ le dit lui-même plutôt que de le laisser à l'interprétation. Résultat: l'art. 5 let. l atteint la caravane posée pour une saison et n'atteint pas la tente partie avant le petit-déjeuner.56

Et il n'y a personne à qui demander. Le Valais ne connaît pas de régime de consentement à la manière d'Appenzell Rhodes-Intérieures, où une ordonnance ne rend une tente licite qu'avec l'accord du propriétaire, et Orsières n'exploite aucun système d'autorisation de bivouac. Aucune permission ne rend ceci licite, et aucune n'est requise. Le droit d'accès du Code civil aux forêts et pâturages n'est pas non plus la raison: l'art. 699 est un droit d'accès et jamais un droit d'y passer la nuit.9

Le non net est à 1'481 mètres au nord-nord-ouest

Les lacs se trouvent dans une cuvette avec une réserve fédérale juste par-dessus l'épaule, la distance mérite donc d'être exacte plutôt qu'approximative.

Le district franc du Val Ferret / Combe de l'A, objet no 37, est grand: un noyau à protection intégrale de 3'881,1 hectares plus des parties à protection partielle de 3'268,2 et 378,1 hectares. Sa limite la plus proche, mesurée contre le polygone et non de point à point, est à 1'481 m au nord-nord-ouest du lac inférieur, à 2'048 m du lac sud et à 2'061 m du lac est. Les trois lacs en sont dehors.12

A l'intérieur, l'ordonnance fédérale ne laisse rien ouvert:

"Das freie Zelten und Campieren ist verboten. Vorbehalten bleibt die Benutzung offizieller Zeltplätze. Die Kantone können Ausnahmen bewilligen."Ordonnance sur les districts francs fédéraux (ODF), RS 922.31, art. 5 al. 1 let. e, version en vigueur depuis le 1er février 2025. Le camping et la tente libres sont interdits; l'usage des campings officiels est réservé; les cantons peuvent accorder des exceptions.

Un détail à connaître sur ce district en particulier. La partie la plus proche de l'objet 37 est une des zones à protection partielle, pas le noyau intégral, et l'on suppose que "partielle" signifie que la règle sur les tentes y est plus douce. Elle ne l'est pas. L'ordonnance inscrit son exception pour les zones à protection partielle dans la lettre d, celle sur le port d'armes. La lettre e, l'interdiction de la tente, n'a pas d'exception semblable: elle vaut dans tout le district, et la seule porte est une exception cantonale, qui n'existe pas pour le bivouac touristique.2

Ce que cela veut dire sur le terrain. Dormir aux lacs est correct. Remonter le flanc au nord-nord-ouest vers la Combe de l'A pour trouver plus tranquille te met dans une interdiction fédérale de la tente en moins de vingt minutes de marche, et là ni le renvoi de la commune ni la bienveillance du propriétaire ne t'aident. La direction à éviter, si tu quittes les lacs pour camper, est celle qui s'élève en s'éloignant de l'Italie.12

Tout le reste est loin. Aux trois lacs eux-mêmes, interrogés le 5 août 2026, les inventaires fédéraux ne renvoient rien du tout. La zone de tranquillité la plus proche est à 10'355 m, l'objet IFP le plus proche à 11'789 m, la zone alluviale la plus proche à 6'065 m, le parc d'importance nationale le plus proche à 13'200 m. Il n'y a aucun bas-marais dans un rayon de six kilomètres.1

Où dormir vraiment, et ce qu'il faut savoir avant de monter

Il y a trois lacs, pas un, et ils sont à des altitudes différentes. Le plus bas et le plus grand est à 2'457,0 m, LV95 2'576'912 / 1'081'915. Un deuxième est à 2'496,2 m au sud, un troisième à 2'512,6 m à l'est. Les trois sont à Orsières, canton du Valais, et les trois sont hors de tout inventaire fédéral. La Fenêtre de Ferret, le passage vers l'Italie, est à 2'695,1 m et à environ 1,4 km au sud du lac inférieur.1

L'Italie est à 1'353 mètres au sud-sud-est. C'est assez près pour compter si tu erres au crépuscule à la recherche de terrain plat près du col. Cette appréciation est suisse et s'arrête à la frontière. Rien ici ne te dit ce qui s'applique du côté italien, et le régime valdôtain est une question distincte que je n'ai pas étudiée.1

Installe-toi sur le terrain pierreux plutôt que sur l'herbe. La réponse juridique n'en dépend pas, deux choses pratiques si. C'est un pays d'alpage pâturé, et le bord élastique de toute question suisse de camping est l'intérêt privé de quelqu'un: une tente au milieu d'une terrasse pâturée avec du bétail dessus est la version qui produit une plainte. Et les rives de ces lacs sont une pelouse alpine mince qui met longtemps à se refaire. Le rocher et l'éboulis un peu à l'écart de l'eau ne te coûtent rien et suppriment l'argument.

Emporte de l'eau et attends-toi à de la compagnie. Les lacs sont un objectif connu depuis le col du Grand-Saint-Bernard comme depuis le val Ferret, et le terrain alentour est ouvert, donc une tente se voit de loin. Rien là-dedans n'est illégal. Cela veut simplement dire que la part "ne rien laisser" n'est pas théorique: on te verra, et la réponse à cette question pour la personne suivante dépend en partie de ce que tu laisses.

La courtoisie, qui n'est pas du droit. L'aide-mémoire du Club alpin est la référence à suivre, et il dit la chose utile sur ce genre de terrain:

"Ansonsten ist eine einzelne Übernachtung einer kleinen Anzahl Personen im Gebirge oberhalb der Waldgrenze in der Regel unproblematisch, wenn sie rücksichtsvoll erfolgt. Zudem ist ein Notbiwak grundsätzlich erlaubt."CAS, aide-mémoire "Campieren und Biwakieren in den Schweizer Bergen", édition 2026. Une nuit unique d'un petit groupe au-dessus de la limite de la forêt est en règle générale sans problème si elle est respectueuse, et un bivouac de détresse est en principe autorisé.

Cette phrase est un jugement écologique d'un club, pas une permission, et c'est celle qu'internet a transformée en "au-dessus de la limite de la forêt c'est autorisé en Suisse", ce qui est faux dans la plus grande partie du pays. Ici elle pointe par hasard dans le même sens que le droit. L'aide-mémoire demande aussi de ne pas dormir trop près des cabanes et des alpages pâturés, et c'est la ligne à prendre au sérieux à ces lacs-là.8

Ce que je n'ai pas pu établir. Si l'alpage qui exploite cette cuvette a un avis sur les tentes, et si quelqu'un s'est déjà fait aborder ici. L'administration communale saurait, Rue de la Commune 3, 1937 Orsières. C'est un "pas trouvé" et non un "n'existe pas", et cela ne change pas la réponse juridique, qui repose sur des normes et non sur de la bienveillance.3

Un signal d'actualité. Le règlement de police date de 1989 et le RCCZ est un règlement communal complet des constructions, deux instruments du genre qui se révise. L'ordonnance cantonale sur les constructions a elle-même été remplacée le 1er janvier 2026. Si tu lis ceci bien après août 2026, l'art. 59 du règlement de police est la seule chose à revérifier.35

  • A n'importe lequel des trois lacs, 2'457 à 2'513 m, pour une nuit. Hors de tout inventaire fédéral, et l'article propre à la commune renvoie le camping sauvage à un régime cantonal qui n'interdit rien13.
  • Sur le rocher ou l'éboulis un peu à l'écart de l'eau, plutôt que sur la pelouse pâturée. Ce n'est pas une limite juridique, mais c'est la différence entre une nuit qui ne dérange personne et l'intérêt privé de quelqu'un3.
  • Pas au nord-nord-ouest du lac inférieur au-delà de 1'481 m. C'est le district franc du Val Ferret / Combe de l'A, où la tente libre est interdite par ordonnance fédérale et où le consentement ne sert à rien2.
  • Pas pour un séjour qui se mesure en semaines. Au-delà de trois semaines, ou de douze tentes, l'ordonnance cantonale en fait une question de permis5.
  • Pas de l'autre côté du col. L'Italie est à 1'353 m au sud-sud-est et cette appréciation s'arrête à la frontière1.

Règles générales pour le camping sauvage

Cette liste compte davantage là où la réponse est oui que là où elle est non. Le oui repose ici sur un renvoi dans un article communal de 1989 et sur un régime cantonal qui se trouve être vide, ce qui est un fondement plus mince qu'une loi qui dit oui franchement. Comporte-toi comme le genre de visiteur qui fait durer ça.

  • Pas de feu. Un feu ouvert n'a pas sa place en montagne. Un réchaud à gaz suffit.
  • Monter tard, démonter tôt. Installe-toi vers le soir, repars tôt. Un bivouac est une nuit, pas un camp de base.
  • Aucun déchet. Tout ce que tu montes, tu le redescends, restes organiques et papier toilette compris.
  • Au moins 50 mètres de toute eau pour les gros besoins, pour ne pas souiller ce que boivent gens et bétail.
  • Rester petit et silencieux. Petit groupe, pas d'enceinte, pas de drone, chiens en laisse, et la parole du personnel d'alpage fait foi.

Disclaimer

Cet article reflète mes recherches et mon appréciation en mon âme et conscience, état en août 2026. Il se fonde sur les sources publiques et officielles liées ci-dessous. Il ne remplace pas un conseil juridique et ne constitue pas un renseignement contraignant sur la situation juridique actuelle.

Le verdict repose sur la lecture selon laquelle l'art. 59 du règlement de police d'Orsières renvoie le camping sauvage à la législation cantonale plutôt que de l'interdire, et sur l'absence de toute interdiction cantonale du camping sauvage. Cette lecture est soutenue par la structure de l'article mais n'a été tranchée ni par un tribunal ni par la commune, et la lecture contraire exposerait une tente à l'amende de CHF 50 à CHF 2'000 de l'art. 66. Le verdict couvre les trois lacs eux-mêmes et non le district franc du Val Ferret / Combe de l'A au nord-nord-ouest, ni les séjours au-delà de trois semaines, ni le territoire italien au-delà de la Fenêtre de Ferret. Avant chaque sortie, vérifie toi-même les sources actuelles et respecte les indications sur place. Un véritable bivouac de détresse est une autre question qu'un campement planifié. Qui passe la nuit dehors répond lui-même de son comportement et de ses conséquences. Hikebeast, Leon Helg et Saftladen GmbH déclinent toute responsabilité pour les décisions prises sur la base de ce texte et n'appellent personne à enfreindre le droit en vigueur.

Questions fréquentes

Le camping sauvage est-il autorisé aux Lacs de Fenêtre?
Oui, pour une nuit. Les trois lacs, de 2'457 à 2'513 m sur la commune d'Orsières, sont hors de tout inventaire fédéral: aucun district franc, zone de tranquillité, objet IFP, marais, zone alluviale ni prairie sèche. L'art. 59 du règlement de police d'Orsières confine le camping et le caravaning aux endroits réservés à cet effet, puis renvoie le camping dit sauvage à la législation cantonale, et le Valais n'interdit pas le camping sauvage. Il n'y a rien à demander et personne à solliciter.
Le camping sauvage n'est-il pas interdit dans tout le Valais?
Non, et c'est l'erreur la plus répétée sur le Valais. La règle dont on se souvient est le règlement d'exécution de 1977 de la loi sur l'hôtellerie de 1976, et il est tombé avec sa loi mère. Ce qui l'a remplacé, RS/VS 935.3 du 8 avril 2004, s'applique aux offres faites à titre commercial: il régit celui qui exploite un camping, pas une randonneuse avec une tente, et les mots "sauvage" et "bivouac" n'y figurent pas. En Valais, les règles de camping qui existent sont communales, et c'est pourquoi cet article tourne autour d'Orsières.
Le règlement des constructions n'exige-t-il pas un permis pour une tente?
Au-delà de trois semaines, ou de plus de douze tentes. L'art. 17 al. 2 let. a de l'ordonnance cantonale sur les constructions, RS/VS 705.100 du 12 mars 2025 et en vigueur depuis le 1er janvier 2026, ne soumet à permis les tentes hors d'un camping autorisé qu'au-delà de ces seuils. Le règlement communal d'Orsières mentionne bien les tentes dans son propre article sur les permis, l'art. 5 let. l, sans y écrire de seuil, mais son art. 2 réserve expressément les dispositions cantonales, de sorte que le seuil cantonal l'emporte. Une tente pour une nuit est très loin sous les deux.
A quelle distance est le district franc fédéral?
A 1'481 mètres au nord-nord-ouest du lac inférieur. C'est le district du Val Ferret / Combe de l'A, objet no 37, avec un noyau à protection intégrale de 3'881 hectares plus des parties à protection partielle. A l'intérieur, l'art. 5 al. 1 let. e ODF interdit purement et simplement la tente et le camping libres, et aucun consentement du propriétaire n'y change rien. L'étiquette "protection partielle" n'adoucit pas cela: l'ordonnance inscrit son exception pour ces zones dans la disposition sur les armes, pas dans celle sur les tentes. Les trois lacs sont dehors.
Quelle est l'amende si je me trompe?
CHF 50 à CHF 2'000, ou jusqu'à quinze jours d'arrêts, et seulement dans la lecture contraire de l'art. 59. C'est l'art. 66 du règlement de police d'Orsières, poursuivi devant le tribunal de police selon le code de procédure pénale valaisan. Il n'entrerait en jeu que si un tribunal lisait la première phrase de l'art. 59 comme couvrant aussi le camping sauvage, ce que je tiens pour la lecture la plus faible. Dans le district franc, l'exposition est différente et fédérale, et là la réponse est simplement non.
Leon Helg

Leon Helg

Cinéaste et développeur suisse. Passe son temps libre dans les Alpes suisses et cartographie ses spots préférés pour Hikebeast. Poste sous @leon.helg sur Instagram et TikTok.

Sources

  1. Géodonnées officielles de la Confédération, interrogées le 5 août 2026 aux trois lacs: LV95 2'576'912 / 1'081'915 à 2'457,0 m, 2'576'882 / 1'081'294 à 2'496,2 m et 2'577'182 / 1'081'402 à 2'512,6 m, altitudes selon le service d'altitude de swisstopo, entrées du répertoire des noms "Lacs de Fenêtre" (VS, Orsières). A chaque point, avec une tolérance nulle, les inventaires des districts francs, des zones de tranquillité, de l'IFP, des sites marécageux, des bas-marais, des hauts-marais, des zones alluviales, des sites de batraciens, des prairies sèches et des parcs d'importance nationale renvoient tous un ensemble vide; le seul enregistrement est la couche communale, Orsières, canton du Valais, filtrée sur l'année courante. Objets les plus proches, mesurés contre la géométrie des polygones et non de point à point, depuis le lac inférieur: district franc "Val Ferret / Combe de l'A" à 1'481 m au nord-nord-ouest, zone alluviale la plus proche à 6'065 m au nord-ouest, zone de tranquillité la plus proche à 10'355 m au nord-nord-est, objet IFP le plus proche à 11'789 m au nord-est, parc d'importance nationale le plus proche à 13'200 m au nord-ouest, aucun bas-marais d'importance nationale dans un rayon de 6'000 m. Frontière nationale à 1'353 m au sud-sud-est. La Fenêtre de Ferret à 2'695,1 m ne renvoie aucune commune suisse, ce à quoi ressemble un point exactement sur la ligne frontière. map.geo.admin.ch.
  2. District franc fédéral "Val Ferret / Combe de l'A", objet no 37, comprenant une zone à dispositions de protection intégrale de 3'881,1 ha et des zones à protection partielle de 3'268,2 ha et 378,1 ha. Limite la plus proche à 1'481 m au nord-nord-ouest du lac inférieur, 2'048 m du lac sud et 2'061 m du lac est; la partie la plus proche est une zone à protection partielle. Ordonnance sur les districts francs fédéraux (ODF), RS 922.31, version en vigueur depuis le 1er février 2025, art. 5 al. 1 let. e, texte tiré du magasin de fichiers Fedlex: "Das freie Zelten und Campieren ist verboten. Vorbehalten bleibt die Benutzung offizieller Zeltplätze. Die Kantone können Ausnahmen bewilligen." L'exception que l'ordonnance accorde pour les zones à protection partielle est inscrite à la let. d, sur le port et l'usage d'armes et de pièges, et non à la let. e, de sorte que l'interdiction de la tente vaut dans tout le district. fedlex.admin.ch.
  3. Commune d'Orsières, Règlement de police, adopté par le conseil communal le 29 novembre 1989, approuvé par l'assemblée primaire le 8 janvier 1990, homologué par le Conseil d'Etat le 31 janvier 1990, 16 pages, publié sur le site de la commune et lu en entier le 5 août 2026. Art. 2 al. 1: "Les dispositions de ce règlement sont applicables sur l'ensemble du territoire de la Commune d'Orsières." Art. 59 "Camping", au chapitre X sur la police rurale: "Le camping et le caravaning ne peuvent être pratiqués que sur les endroits réservés à cet effet. Le camping dit «sauvage» ne pourra se faire que dans les limites prévues par la législation cantonale." Art. 66 "Pénalités" al. 1: "Toute contravention au présent règlement est punie d'une amende de Fr. 50.-- à Fr. 2'000.-- ou d'arrêts jusqu'à 15 jours." L'art. 67 confie la répression au tribunal de police selon le code de procédure pénale valaisan. L'art. 69 abroge les dispositions antérieures sur les mêmes objets. Le PDF porte une couche de texte défectueuse et a été lu par reconnaissance optique de caractères à 200 dpi; les passages cités ont été vérifiés contre les images des pages. orsieres.ch.
  4. Canton du Valais, Loi sur l'hébergement, la restauration et le commerce de détail de boissons alcoolisées, RS/VS 935.3, du 8 avril 2004, en vigueur depuis le 1er janvier 2005, en vigueur et non abrogée, texte intégral tiré du portail cantonal le 5 août 2026 et passé au crible. L'art. 3 al. 1 limite le champ d'application à toute offre faite "à titre commercial" d'hébergement, d'"emplacements de camping" et de mets et boissons. Les mots "sauvage" et "bivouac" ne figurent nulle part dans la loi. C'est la loi couramment citée comme source d'une interdiction valaisanne du camping sauvage; elle régit les exploitants de campings. Les articles sur le camping qui ont existé, art. 16 et suivants du règlement d'exécution de 1977 de la loi sur l'hôtellerie de 1976, sont tombés avec cette loi. lex.vs.ch.
  5. Canton du Valais, Ordonnance sur les constructions (OC), RS/VS 705.100, du 12 mars 2025, en vigueur depuis le 1er janvier 2026, en vigueur et non abrogée, texte intégral tiré du portail cantonal le 5 août 2026. Art. 17 "Constructions et installations soumises à une autorisation de construire", al. 2: "Sont également subordonnés à une autorisation de construire: a) l'installation de caravanes, de tentes et autres en dehors d'une place de camping autorisée, si leur durée d'installation dépasse 3 semaines ou leur nombre est supérieur à 12". L'al. 1 ch. 11 soumet séparément à permis l'aménagement de campings, de caravanings et de places pour motorhomes, c'est-à-dire l'installation commerciale et non la tente. Noter la version: l'ordonnance a été refondue, et le seuil des trois semaines ou douze unités a été repris au même numéro d'article, de sorte que les citations de RS/VS 705.100 antérieures à 2026 renvoient à un texte qui n'est plus en vigueur même là où le numéro correspond. lex.vs.ch.
  6. Commune d'Orsières, Règlement communal des constructions et des zones (RCCZ), lu en entier le 5 août 2026 parce que le règlement communal des constructions est là où se cache une interdiction de camper: il porte toute l'interdiction à Klosters (art. 100) et à Bivio (art. 95). Art. 2 "Bases légales": "a) Les dispositions prévues dans le présent règlement sont basées sur les prescriptions cantonales en matière de construction et autres domaines s'y rapportant. b) Restent réservées les dispositions édictées par la Confédération et le Canton, ainsi que le droit des tiers." Art. 4: le règlement vaut pour tout le territoire communal. L'art. 5 "Constructions soumises à autorisations" s'ouvre par "Toutes les constructions et installations sont subordonnées à une autorisation de construire, en particulier" et sa let. l couvre "l'installation, en dehors des terrains autorisés, de roulottes, wagons, caravanes, baraques volantes, tentes, etc.", sans durée ni nombre. L'art. 7 énumère les projets non soumis à autorisation. La commune zone par ailleurs le camping aux art. 115 et 116, "zone camping-caravaning résidentiel" et "de passage", deux zones à bâtir pour des installations dont aucune n'atteint l'alpage. orsieres.ch.
  7. Commune d'Orsières, collection publiée des règlements communaux, énumérée via l'index documentaire du site le 5 août 2026. Outre le règlement de police et le RCCZ, la collection contient des règlements sur les déchets et la déchetterie, l'abattoir, les résidences secondaires, la taxe de promotion touristique, la bourgeoisie, le cimetière, l'utilisation des salles et des salles de gym, la crèche et l'UAPE, la ludothèque, les frais de demandes d'autorisation de construire, et la réglementation du feu. Aucun ne contient de disposition sur le camping, la tente ou le bivouac. La commune exploite deux campings autorisés, à La Fouly et au Relais d'Arpette, qui sont les "endroits réservés à cet effet" de la première phrase de l'art. 59. Administration communale, Rue de la Commune 3, 1937 Orsières. orsieres.ch.
  8. Club Alpin Suisse CAS, aide-mémoire "Campieren und Biwakieren in den Schweizer Bergen", édition 2026. Cité: "Ansonsten ist eine einzelne Übernachtung einer kleinen Anzahl Personen im Gebirge oberhalb der Waldgrenze in der Regel unproblematisch, wenn sie rücksichtsvoll erfolgt. Zudem ist ein Notbiwak grundsätzlich erlaubt." L'aide-mémoire est une recommandation d'un club et non une norme, et son propre texte souligne que la situation juridique n'est pas uniforme et que de nombreuses communes ont des règles supplémentaires. Il demande aussi de ne pas dormir trop près des cabanes et des alpages pâturés. Ses définitions servent ici à la question du libellé: bivouaquer, c'est une nuit sans tente à la belle étoile, camper, c'est une nuit sous une petite tente hors des campings officiels. sac-cas.ch.
  9. Code civil suisse (CC), RS 210, art. 699: les forêts et pâturages sont accessibles à chacun dans la mesure de l'usage local. Un droit d'accès et jamais un droit d'y passer la nuit, et ce n'est pas lui qui rend ce lieu licite. Ce qui le rend licite, c'est qu'aucune norme fédérale, cantonale ou communale n'interdit une nuit unique ici, et que l'article sur le camping de la commune renvoie la question à un canton qui n'y a pas répondu par une interdiction. fedlex.admin.ch.