Bivouac en Suisse, ce que la règle du CAS autorise vraiment

Une seule nuit en bivouac au-dessus de la limite de la forêt ne pose dans la plupart des cas aucun problème. Voici ce que dit exactement le CAS, où s'appliquent les quatre zones protégées, et quels trois cantons sont plus stricts.

Crête au-dessus de la limite de la forêt dans l'Oberland bernois, vue vers le Tannhorn.
Au-dessus de la limite de la forêt dans l'Oberland bernois, vue vers le Tannhorn. Photo prise en août 2024. Photo · Leon Helg.

Que dit exactement le CAS ?

Le Club Alpin Suisse a publié en 2018 une notice « Camper et bivouaquer dans les montagnes suisses », qui reste aujourd'hui la référence centrale pour toutes les sorties en bivouac dans les montagnes suisses1. Cette notice n'est pas une loi. C'est l'interprétation de la communauté des sports de montagne sur la façon dont le droit fédéral et les règles cantonales doivent se comprendre dans la pratique. Les gardiens de cabane, les gardes-faune et la police s'y réfèrent, c'est pourquoi elle fait office de standard.

Le CAS formule quatre points clés. Premièrement, les nuitées isolées au-dessus de la limite de la forêt ne posent en principe pas de problème, tant que l'on traite la nature et l'environnement avec égard. Deuxièmement, les zones protégées font exception, le règlement propre au lieu y prévaut. Troisièmement, le camp doit être installé de manière à ne polluer aucune eau, pour les besoins naturels le CAS indique une valeur de référence d'au moins 50 mètres de distance des cours d'eau. Quatrièmement, sur terrain privé et pour les campements de plusieurs jours, il faut obtenir l'accord du propriétaire foncier, alors que pour un bivouac isolé au-dessus de la limite de la forêt, c'est le droit d'accès du CC art. 699 qui s'applique.

Ce que le CAS ne dit pas est au moins aussi important. Il ne délivre aucune « autorisation ». Il ne le peut tout simplement pas, car le bivouac n'est pas du tout réglé dans le droit fédéral. Le CAS interprète seulement ce qui est tolérable. Si un garde-faune ou une police cantonale en décide autrement, c'est lui ou elle qui a le droit de son côté, pas le CAS.

Source originale. Notice du CAS « Camper et bivouaquer dans les montagnes suisses » sur sac-cas.ch. Version PDF avec les quatre points clés et une carte des zones protégées disponible librement.

Où se situe la limite de la forêt dans les Alpes suisses ?

« Au-dessus de la limite de la forêt » est la condition centrale de la règle du CAS. Elle n'est pas partout la même. Sur le versant nord des Alpes, soit l'Oberland bernois, la Suisse centrale, les Alpes glaronnaises, la limite de la forêt se situe typiquement entre 1600 et 1800 mètres218. Sur le versant sud des Alpes, au Tessin, elle se situe à une altitude aussi basse que sur le versant nord, le plus souvent entre 1700 et 1900 mètres. Les deux bords des Alpes sont riches en précipitations, c'est pourquoi la forêt n'y monte pas plus haut. La limite de la forêt ne grimpe plus haut que dans les vallées sèches et ensoleillées des Alpes centrales : dans l'Engadine abritée jusqu'à 2300 mètres, en Valais de façon similaire. Elle atteint sa valeur maximale d'environ 2500 mètres dans les vallées des Alpes centrales du Valais et de l'Engadine, là où l'ensoleillement est le plus fort.

La limite de la forêt n'est pas une ligne nette, mais une zone de transition progressive, où les mélèzes, les arolles et les pins de montagne deviennent plus petits, se courbent et finissent par disparaître. Dans la pratique, cette ceinture de krummholz s'étend souvent sur 100 à 200 mètres de dénivelé. Qui se tient sur le versant et ne voit plus d'arbres au-dessus de soi est au-dessus. Qui voit encore des mélèzes tordus est dans la zone de transition, et donc, selon l'interprétation du CAS, formellement encore en dessous.

C'est dans la pratique l'erreur la plus fréquente. Bivouaquer à 1700 mètres dans un pâturage d'alpage entre des restes de pins n'est pas « au-dessus de la limite de la forêt », même si aucune forêt ne s'y dresse à cet endroit. Qui veut être sûr regarde la carte topographique et choisit un emplacement au-dessus de 1900 mètres sur le versant nord, au-dessus de 2000 mètres au Tessin, et au-dessus de 2500 mètres dans les vallées des Alpes centrales du Valais et de l'Engadine.

Le droit : pas de loi sur le bivouac, mais le Code civil art. 699

La Suisse n'a pas de loi fédérale qui règle expressément le bivouac ou le camping sauvage3. Cela passe souvent inaperçu. Il y a seulement ce qui n'est pas interdit, plus une règle d'accès générale dans le Code civil.

Code civil (CC) art. 699, « accès aux forêts et pâturages », autorise toute personne à accéder aux forêts et pâturages dans la mesure usuelle locale, pour autant que l'autorité compétente n'édicte pas, dans l'intérêt des cultures, des interdictions particulières et limitées à certains fonds4. Le Tribunal fédéral lit l'art. 699 comme un droit d'accès et de passage, et non comme un droit d'y passer la nuit. La nuitée isolée en plein air n'est donc pas un droit légal, mais une pratique tolérée, tant qu'elle ne laisse aucune trace durable et qu'aucune règle contraire ne s'applique. C'est sur ce droit d'accès et sur cette tolérance que repose la tolérance du CAS.

Le droit de police est en Suisse une matière cantonale, dans la protection de la nature la Confédération dispose, avec la LPE, la LChP et la LPN, de la compétence-cadre, mais l'exécution et les zones protégées supplémentaires relèvent des cantons. Chaque canton peut fixer une interdiction ou une restriction dans sa propre loi sur la police ou loi sur la protection de la nature. Le Tessin, le Valais et les Grisons ont les règles supplémentaires les plus marquées, mais ils ne sont pas les seuls cantons à avoir leurs propres restrictions (surtout pour le camping). Pour la nuit isolée au-dessus de la limite de la forêt, hors des zones protégées, c'est la règle de pratique du CAS qui s'applique par défaut dans le reste du pays.

Le CAS le formule clairement : le bivouac au-dessus de la limite de la forêt n'est pas une autorisation générale, mais une tolérance, qui peut être à nouveau restreinte par les règlements de zones protégées, des règles cantonales ou la volonté du propriétaire foncier5.

Où ce n'est pas possible : les quatre zones protégées

Quatre catégories de zones protégées lèvent la tolérance du bivouac. Qui veut bivouaquer vérifie au préalable sur map.geo.admin.ch avec les couches « Zones de tranquillité pour la faune », « Inventaire fédéral des districts francs fédéraux », « Parc national suisse » et « Inventaire fédéral des paysages et monuments naturels (IFP) » si l'emplacement prévu est libre6.

Parc national suisse

Un territoire d'un seul tenant de 170,3 kilomètres carrés dans le canton des Grisons, en Engadine et dans le Val Müstair. Le camping, le bivouac et la nuitée hors des cabanes et hôtels prévus sont explicitement interdits7. Pour le bivouac s'applique une amende d'ordre fixe de 200 CHF, les autres amendes du parc se situent entre 100 et 300 CHF. Des exceptions n'existent qu'avec une autorisation de la Commission du Parc national, le règlement du parc ne connaît pas de clause d'urgence propre.

Districts francs fédéraux

43 districts totalisant environ 1509 kilomètres carrés (150'895 hectares), dans lesquels l'ordonnance fédérale OZF protège la tranquillité de la faune8. Le camping et le bivouac libres y sont en principe interdits, les règles de détail (réseau de chemins, obligation de tenir les chiens en laisse, saisonnalité) figurent dans l'annexe correspondante de l'ordonnance. Carte sur map.geo.admin.ch.

Zones de tranquillité pour la faune

Actives selon la saison, selon la zone typiquement du 1er décembre au 30 avril (cas le plus fréquent, mais certaines zones jusqu'au 30 juin dans les zones de reproduction du grand tétras) pour protéger les ongulés (chevreuil, cerf, chamois, bouquetin) et les tétraonidés (grand tétras, tétras-lyre, lagopède)9. Pendant la période de protection, les chemins balisés ne doivent pas être quittés et aucun camp ne doit être installé. En été, le bivouac est à nouveau possible dans la plupart des zones de tranquillité pour la faune, pour autant que rien d'autre ne s'y oppose. Carte sur map.geo.admin.ch.

Réserves naturelles cantonales et zones IFP

Les cantons désignent leurs propres réserves naturelles, dans lesquelles le bivouac et la tente sont typiquement interdits. À cela s'ajoutent les objets IFP, l'inventaire fédéral des paysages et monuments naturels d'importance nationale10. Dans une zone IFP, le bivouac n'est pas automatiquement interdit, le CAS précise que les zones IFP n'entraînent pas de restrictions particulières pour les sports de montagne. Mais qui veut y bivouaquer montre l'exemple : pas de feu, pas de matériel laissé sur place, aucune atteinte au paysage. L'« obligation de motiver » selon l'art. 6 LPN concerne les autorités dans l'accomplissement de tâches fédérales, pas le particulier qui dort en bivouac. Dans la pratique : zone IFP plus bivouac tout en haut sans feu est le plus souvent toléré, zone IFP plus bivouac au bord d'un lac ne l'est le plus souvent pas.

Trois cantons aux règles plus strictes

Trois cantons surtout, le Tessin, le Valais et les Grisons, règlent le bivouac ou le camping sauvage au-delà de la règle du CAS. Qui veut y bivouaquer consulte en plus le droit cantonal et communal.

Tessin. Au Tessin, le camping sauvage hors des campings autorisés est en principe interdit par la Legge sui campeggi (LCamp art. 2). La loi excepte toutefois expressément le bivouac en montagne (« fa eccezione… l'attendamento a scopo di bivacco in montagna »). Une seule nuit au-dessus de la limite de la forêt est donc, au Tessin aussi, couverte par la tolérance du CAS. Les amendes selon la LCamp art. 27 vont formellement de CHF 50 à CHF 10'000, dans la pratique de l'ordre de quelques centaines de francs pour les cas isolés. Dans les vallées très fréquentées comme le Val Verzasca, les communes et les autorités interviennent en été avec des actions de sensibilisation et des amendes occasionnelles, surtout pour les campeurs sur les places de parc1911.

Valais. Le canton du Valais autorise le bivouac selon la règle du CAS au-dessus de la limite de la forêt, mais certaines communes ont introduit des interdictions de camper sur tout leur territoire. Cela est attesté pour Zermatt (Mattertal) et Loèche, et à des hotspots photo comme le Stellisee au-dessus de Zermatt, des amendes de 200 CHF par tente sont prononcées12. La règle précise figure dans le règlement communal correspondant, pas dans la loi cantonale. Qui se rend en Valais vérifie au préalable le site internet de la commune ou se renseigne à l'office du tourisme.

Grisons. Le Parc national suisse de toute façon, c'est une règle fédérale. À côté, certaines communes ont leurs propres interdictions de camper : Pontresina (qui couvre avec le Val Roseg une vallée photo prisée) et Bever, où une interdiction de camper sur tout le territoire communal a été édictée en 1962 et où tout le Val Bever a été déclaré zone de tranquillité en 197313. En Engadine, au-dessus de la limite de la forêt, c'est sinon la règle du CAS qui s'applique.

Dans beaucoup d'autres cantons, il n'existe pas de règle cantonale interdisant le bivouac isolé au-dessus de la limite de la forêt, c'est là la règle de pratique du CAS qui s'applique par défaut. Pour le camping, des cantons comme Berne ou Vaud connaissent toutefois eux aussi leurs propres restrictions. Obwald a une autorisation cantonale expresse pour camper une seule fois pour une nuit (loi sur le camping), qui ne vaut cependant pas dans les zones protégées. En ville et sur le fond de vallée (par exemple la ville de Berne), les amendes communales pour camping sauvage peuvent aller jusqu'à 2000 CHF.

Ce qui s'applique en plus : feu, déchets, drones

Même là où le bivouac est toléré, trois autres règles s'appliquent, indépendamment du droit du bivouac.

Feu. Les feux ouverts au-dessus de la limite de la forêt ne sont formellement pas interdits de manière générale, mais ils posent problème dans la pratique. La sécheresse, les niveaux de danger d'incendie et la tranquillité de la faune rendent un feu irresponsable dans la plupart des cas. Les réchauds à gaz ne sont pas un feu au sens juridique et sont tolérés. À partir du niveau de danger d'incendie 4, les cantons édictent des interdictions de feu en forêt et à proximité de la forêt, en cas d'interdiction absolue de faire du feu (niveau 5 dans de nombreux cantons) aussi en plein air. Les réchauds à gaz sont en règle générale exceptés, pour autant qu'ils soient utilisés de manière stable sur un sol résistant au feu, mais certains cantons peuvent, en cas d'interdiction absolue, interdire aussi les réchauds à gaz à proximité de la végétation, cela varie d'un canton à l'autre. Niveau actuel sur waldbrandgefahr.ch14.

Déchets. La loi fédérale sur la protection de l'environnement (LPE) exige que chaque déchet (y compris organique, comme les restes alimentaires, ce qui est compostable et le papier toilette) soit éliminé correctement15. Le « pack-in, pack-out » n'est pas une aimable demande, mais du droit fédéral. Qui laisse des déchets en forêt ou sur l'alpage risque une amende selon la loi cantonale sur la police, dans la plupart des cas de 100 à 300 CHF.

Drones. Les drones sont interdits dans le Parc national suisse, dans les districts francs fédéraux et dans les zones de tranquillité pour la faune. Au-dessus de 120 mètres du sol, une autorisation de l'OFAC est requise (catégorie ouverte selon l'UE 2019/947, en Suisse depuis le 1er janvier 2023)1620. Qui fait décoller un drone sur le lieu de bivouac pour une photo vérifie au préalable sur map.geo.admin.ch avec la couche « Restrictions pour les drones » si l'emplacement est libre.

Ce qui se passe si l'on ne respecte pas les règles

Dans la plupart des cas, la première réaction d'un garde-faune ou d'une patrouille de garde forestier est un renvoi calme. Qui plie son matériel et s'en va s'en sort avec un avertissement. Des amendes sont prononcées en cas de récidive, de foyer, de déchets ou d'un emplacement dans une zone protégée.

Le montant varie selon le canton, l'infraction et le garde-faune. Le Beobachter mentionne une fourchette de typiquement environ 200 CHF dans la plupart des cantons (p. ex. Lauterbrunnen au maximum 200 CHF), avec des sanctions plus élevées en ville de Berne (jusqu'à 2000 CHF) et au Tessin (théoriquement jusqu'à 10'000 CHF selon la LCamp art. 27)17. Dans le Parc national suisse, l'amende standard se situe typiquement autour de 200 CHF, les infractions plus graves plus haut. Confisquer le matériel de camping est juridiquement possible, mais rare dans la pratique.

Qui respecte toutes les règles, soit une seule nuit, au-dessus de la limite de la forêt, pas de zones protégées, pas de feu, pas de déchets, pas de bruit, en tenant compte de la règle cantonale, a en cinq ans de recherche de spots eu exactement une rencontre avec un garde-faune : « Tout va bien, bonne soirée. »

En bref

Le bivouac en Suisse est, au-dessus de la limite de la forêt et pour une seule nuit, toléré dans la plupart des cas. Il n'existe pas de loi sur le bivouac, seulement une tolérance qui repose sur le Code civil art. 699 et le code de conduite du CAS. Quatre zones protégées lèvent la tolérance, trois cantons ont des règles plus strictes. Qui vérifie la carte sur map.geo.admin.ch avant la sortie, installe le camp après le coucher du soleil, le démonte avant le lever du soleil, garde 50 mètres de distance avec l'eau, ne fait pas de feu et emporte ses déchets, est du bon côté.

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Questions fréquentes

Le bivouac est-il autorisé en Suisse ?
Il n'existe pas de loi fédérale qui autorise ou interdise le bivouac. Le CAS tolère une nuitée isolée au-dessus de la limite de la forêt, à condition qu'aucune prescription contraire ne s'applique. C'est interdit dans le Parc national suisse, dans les districts francs fédéraux, dans les zones de tranquillité pour la faune pendant la période de protection (le plus souvent du 1er décembre au 30 avril) et dans les réserves naturelles cantonales. Trois cantons (Tessin, Valais, Grisons) ont en plus des règles plus strictes.
Quelle est la différence entre bivouac et camping sauvage ?
Le bivouac désigne une nuitée isolée en plein air, le plus souvent dans un sac de couchage avec sac de bivouac ou avec une tente minimale, en haute montagne au-dessus de la limite de la forêt. Le camping sauvage désigne le camping répété ou de plusieurs jours hors des campings, souvent avec un matériel plus important et en forêt ou au bord d'un lac. La tolérance du CAS ne vaut que pour le bivouac, pas pour le camping sauvage.
Où se situe la limite de la forêt dans les Alpes suisses ?
Sur le versant nord des Alpes typiquement 1600 à 1800 mètres, sur le versant sud des Alpes (Tessin) à une altitude aussi basse que sur le versant nord, le plus souvent 1700 à 1900 mètres, dans les vallées sèches des Alpes centrales (Valais, Engadine) 2300 à 2500 mètres. La limite n'est pas un trait net, mais une zone de transition progressive. Qui bivouaque dans la zone de transition est, selon l'interprétation du CAS, formellement encore en dessous de la limite de la forêt.
Ai-je besoin de l'autorisation du propriétaire foncier ?
Sur terrain privé oui, conformément au Code civil art. 699 et à la recommandation du CAS. Sur un pâturage d'alpage ou en forêt, il suffit dans la pratique le plus souvent que la nuitée soit brève et ne laisse aucune trace durable. Sur les biens communaux (pâturage collectif d'une commune), le droit d'accès du CC 699 s'applique de toute façon. En cas de doute et si une ferme se trouve à proximité, demander brièvement, c'est aussi le plus souvent le bon geste sur le plan social.
Où n'ai-je pas le droit de bivouaquer en Suisse ?
Dans le Parc national suisse (Grisons, 170,3 km²), dans les 43 districts francs fédéraux, dans les zones de tranquillité pour la faune pendant la période de protection (selon la zone le plus souvent du 1er décembre au 30 avril, certaines jusqu'au 30 juin), dans les réserves naturelles cantonales, en dessous de la limite de la forêt (la tolérance du CAS n'y vaut pas), et dans les trois cantons plus stricts : Tessin, Valais (régional) et Grisons (régional). Vérifier la carte sur map.geo.admin.ch.
Quels cantons ont des règles plus strictes que la règle du CAS ?
Tessin interdit le camping sauvage par la LCamp hors des campings autorisés, mais le bivouac en montagne est expressément excepté, dans le Val Verzasca et aux endroits accessibles en voiture la pratique est stricte. Valais autorise le bivouac au-dessus de la limite de la forêt, certaines communes (attesté : Zermatt et Loèche) ont des interdictions sur tout leur territoire. Grisons a le Parc national plus des interdictions communales (Pontresina avec le Val Roseg, Bever avec le Val Bever). Dans beaucoup d'autres cantons, c'est la règle de pratique du CAS qui s'applique par défaut pour le bivouac au-dessus de la limite de la forêt, mais pour le camping certains cantons (comme Berne ou Vaud) ont leurs propres restrictions.
À combien s'élève l'amende si je me fais prendre ?
Lors d'une première infraction, le plus souvent un avertissement avec renvoi. En cas de récidive, de foyer ou de déchets, typiquement entre 100 et 300 CHF dans la plupart des cantons, dans le Parc national suisse 200 CHF en standard, dans les districts francs fédéraux plus élevé. Confisquer le matériel de camping est juridiquement possible, mais rare dans la pratique. Le montant concret varie selon le garde-faune, l'infraction et le canton.
Ai-je le droit de faire un feu en bivouaquant ?
Les feux ouverts au-dessus de la limite de la forêt ne sont formellement pas interdits de manière générale, mais ils posent problème dans la pratique en raison du danger d'incendie et de la tranquillité de la faune. Les réchauds à gaz ne sont pas un feu au sens juridique et sont tolérés. Aux niveaux de danger d'incendie 4 et 5, les cantons édictent des interdictions de feu en plein air, alors le réchaud à gaz à proximité de la végétation est lui aussi interdit. Niveau actuel sur waldbrandgefahr.ch.
Leon Helg

Leon Helg

Photographe et réalisateur outdoor suisse. Randonne dans les montagnes suisses depuis toujours, cartographie pour Hikebeast depuis cinq ans, 141 spots documentés. Publie sous @leon.helg sur Instagram et TikTok.

Sources

  1. Club Alpin Suisse CAS, notice « Camper et bivouaquer dans les montagnes suisses ». sac-cas.ch.
  2. Club Alpin Suisse, « La limite de la forêt : là où les arbres ne peuvent plus pousser ». Sur le versant nord des Alpes 1600 à 1800 m, dans les Alpes internes jusqu'à 2300 m. sac-cas.ch.
  3. Club Alpin Suisse CAS, « Camper et bivouaquer » : « En principe, les forêts et les pâturages sont accessibles à tous (art. 699 al. 1 CC). Selon le canton ou la commune, des restrictions peuvent toutefois s'appliquer. » sac-cas.ch.
  4. Code civil suisse CC, article 699 « accès aux forêts et pâturages ». fedlex.admin.ch.
  5. Club Alpin Suisse CAS, notice « Camper et bivouaquer dans les montagnes suisses » (2018), sur la caractérisation de la tolérance et de ses limites par les zones protégées, les règles cantonales et les propriétaires fonciers. sac-cas.ch (PDF 2018).
  6. Géoportail de l'OFEV map.geo.admin.ch avec les couches « Districts francs fédéraux », « Zones de tranquillité pour la faune », « Parc national suisse » et « Zones IFP ». map.geo.admin.ch.
  7. Parc national suisse, dispositions de protection et chiffres-clés. Surface 170,3 km² (17'030 ha) en Engadine/Val Müstair, séjour autorisé uniquement de jour, interdiction de tente, de bivouac et de nuitée. nationalpark.ch/schutzbestimmungen.
  8. OFEV, districts francs fédéraux : 43 districts totalisant 150'895 hectares (environ 1509 km²), camping et bivouac libres interdits. État ordonnance révisée sur la chasse au 1er février 2025. bafu.admin.ch/jagdbanngebiete.
  9. OFEV, « Zones de tranquillité pour la faune et corridors faunistiques ». Période de protection saisonnière, dans la plupart des zones du 1er décembre au 30 avril. bafu.admin.ch.
  10. Inventaire fédéral des paysages et monuments naturels d'importance nationale IFP, OFEV. bafu.admin.ch.
  11. Beobachter, « Wo Wildcamping erlaubt ist und wo nicht » : le Tessin interdit le camping libre le plus strictement, avec des exemples d'amendes issus de zones protégées et des indications pratiques pour le Val Verzasca et le Val Maggia. beobachter.ch.
  12. Commune de Zermatt, règlement de police art. 35 (interdiction de camper hors des emplacements autorisés) et Rhonezeitung/1815.ch sur les amendes au Stellisee (200 francs par tente, 16 août 2019). Pour Loèche : règlement de police communal, interdiction dans les zones protégées. gemeinde.zermatt.ch, 1815.ch (Stellisee).
  13. Commune de Pontresina, interdiction de camper dans le règlement de police communal (couvre le Val Roseg). Commune de Bever, règlement de police de 1962 (interdiction de camper) et décision de 1973 (Val Bever comme zone de tranquillité). Plus la législation cantonale supérieure sur la protection de la nature des Grisons. pontresina.ch, bever.ch.
  14. Plateforme suisse Waldbrandgefahr.ch, niveaux de danger d'incendie actuels par canton (1 à 5). waldbrandgefahr.ch.
  15. Loi fédérale sur la protection de l'environnement LPE, article 30 « principes » (limitation, valorisation, élimination respectueuse de l'environnement) avec l'article 30c. L'élimination correcte des déchets est une obligation légale. fedlex.admin.ch.
  16. Office fédéral de l'aviation civile OFAC, réglementation des drones. Interdictions dans les zones protégées, hauteur de vol maximale 120 m du sol en catégorie ouverte (UE 2019/947, en Suisse depuis le 1er janvier 2023). bazl.admin.ch.
  17. Beobachter, « Wo Wildcamping erlaubt ist und wo nicht » : amendes typiquement autour de 200 CHF dans la plupart des cantons, plus élevées dans les zones protégées et au Tessin. beobachter.ch.
  18. Parc national suisse, « Limite de la forêt » : sur le versant nord exposé des Alpes 1600 à 1800 m, dans l'Engadine abritée jusqu'à 2300 m. nationalpark.ch/waldgrenze.
  19. Cantone Ticino, Legge sui campeggi (LCamp), art. 2 (exception pour le bivouac en montagne) et art. 27 (amendes CHF 50 à 10'000). ti.ch/raccolta-leggi (Legge 631).
  20. OFAC, règles de vol pour les drones : « La hauteur de vol maximale est de 120 m du sol. » bazl.admin.ch/flugregeln-drohnen.